Le programme intensif de I.O. Lovaas
pour les jeunes enfants autistiques

Par Sylvie Donais, B. Sp. Ps.
et Nathalie Poirier, B. Sp. Ps.

Le présent document s'adresse aux parents ayant un enfant autiste ou présentant un trouble envahissant du développement, un trouble du langage (audimutité) ou une déficience intellectuelle. Il s'adresse également aux professionnels travaillant auprès de ces clientèles.

Le programme intensif de I. O. Lovaas pour les jeunes enfants autistiques est ici présenté. Dans un premier temps l'origine du programme est expliquée. Puis, les premières recherches que Lovaas a effectué auprès d'enfants autistiques sont décrites. Le programme intensif est ensuite introduit; à l'intérieur de celui-ci sont expliqués les objectifs éducatifs ainsi que les techniques d'intervention. Les résultats à long terme et le suivi sont présentés. La conclusion s'adresse particulièrement aux parents qui veulent appliquer le programme de Lovaas auprès de leur enfant.

Les origines du programme

Ivar Lovaas termine ses études de doctorat en psychologie à l'Université de Washington (Lovass, 1970). Sa formation est représentative des modèles en vogue en psychologie au milieu de ce siècle. La psychologie est encore basée largement sur l'approche psychanalytique, mais les recherches en psychologie expérimentale augmentent. Lovaas suit une formation en recherche et en clinique. Il effectue des études en laboratoire où il apprend à appliquer le modèle scientifique. Dans sa formation clinique, le modèle psychanalytique lui est enseigné. Dès le début des années soixante, il effectue des recherches au Département de Psychologie de l'Université de Los Angeles en Californie sur le traitement d'enfants ayant un trouble envahissant du développement et en particulier, un trouble autistique (Lovaas, 1970; Lovaas, 1987; Lovaas, Freitas, Nelson, et Whalen, 1967; Lovaas, Koegel, Simmons et Long, 1973). Ses trente années d'études sont influencées par sa formation de chercheur favorisant une démarche scientifique.

Les recherches débutent en 1961 lorsqu'il veut étudier les effets du langage sur le développement moteur de l'enfant (Lovaas, 1970). Lovaas et son équipe cherchent de jeunes enfants dont le développement moteur est approprié à leur âge, qui n'ont pas encore acquis la parole. Lovaas rencontre alors des enfants qui portent un diagnostic de schizophrénie ou de psychose infantile: ils ne parlent pas, s'isolent et présentent des comportements d'automutilation. Dés 1962, Lovaas et ses collaborateurs entreprennent deux années d'études exploratoires auprès d'une adolescente autistique de treize ans qui présente des comportements d'automutilations et un langage écholalie. L'enfant vit dans un établissement hospitalier où elle reçoit un traitement basé sur l'approche psychanalytique qui n'a pas réduit la fréquence des symptômes psychotiques.

Lovaas constate qu'aucune étude objective n'est effectuée pour vérifier l'efficacité du traitement. Il entreprend donc de mesurer les comportements de l'adolescente par l'observation systématique, ce qui permet de vérifier l'efficacité des techniques qu'il applique avec son équipe. Premièrement, Lovaas, Freitag, Gold et Kassorla (1965) observent que l'enfant apprend à lire des mots lorsqu'elle reçoit en conséquence des renforçateurs alimentaires plutôt que sociaux. le plus, ils notent que lorsqu'elle est placée devant une demande, l'intensité des comportements d'automutilation et la fréquence des comportements bizarres augmente. C'est alors qu'ils appliquent le traitement psychanalytique. soit, porter attention à l'enfant en contingence à ses comportements d'automutilations. Ils observent que la fréquence de ce comportement augmente à chaque fois qu'un intervenant lui porte attention. Lovaas conclue donc que ce traitement est néfaste pour le bien-être physique de l'enfant. Dans le but d'identifier une technique qui permet de réduire la fréquence des comportements autodestructeurs, une technique qui découle des travaux de Skinner (1959) et de Fester et DeMyer (1961) est appliquée: ignorer les comportements d'automutilation. Une réduction de ceux-çi est alors observée. Après quelques mois, le sujet répond aux demandes des intervenants sans présenter d'automutilation et apprend à lire jusqu'à 50 mots.

Les résultats de cette étude indiquent que deux techniques permettent de réduire la fréquence des automutilations et d'augmenter la fréquence de comportements alternatifs et socialement adaptés du sujet: ignorer l'automutilation et récompenser avec de la nourriture la lecture de mots .Lovaas poursuit ses recherches avec une approche expérimentale et son traitement s'oriente rapidement vers l'application des principes du conditionnement opérant développés par Skinner lors de ses recherches en laboratoire sur des animaux (Skinner. 1957).

Les premières recherches sur le traitement (1965-1972)

A partir de l'année 1965, Lovaas entreprend des études sur une durée de sept ans dans le but d'identifier des variables reliées à l'efficacité du traitement de l'autisme (Lovaas, Koegel, Simmons & Long, 1973). Un schème expérimental à niveau de base multiple en fonction des sujets est utilisé. De plus, un modèle ABA et ABABA est appliqué auprès de certains su jets. Ces protocoles permettent de vérifier l'effet du traitement en effectuant des analyses intersujets et intrasujets.

Les sujets

Vingt enfants d'âge scolaire participent à l'étude. Un diagnostic d'autisme est effectué par une équipe extérieure à celle de UCLA. Les sujets ont suivi antérieurement une thérapie psychanalytique intensive d'une durée d'un à quatre ans qui n'a pas permis de réduire de façon significative les comportements autistiques. Sept sujets sont placés dans un centre de réadaptation dont trois ont des contacts avec leur famille, alors que les treize autres vivent dans leur famille.

Le traitement

Le traitement a lieu à UCLA. Les sept sujets qui vivent en milieu hospitalier y reçoivent un traitement 8 heures par jour pendant 6 à 7 jours par semaine par le personnel entraîné par Lovaas. Les parents de quatre de ces enfants sont entraînés. Pour les treize autres sujets, le traitement est un entraînement de parents qui a lieu trois heures par semaine afin qu'ils l'appliquent eux-mêmes à domicile.

Le développement des programmes d'intervention est constamment évalué afin de vérifier leur efficacité et de les modifier au besoin. La durée du traitement varie entre six mois et deux ans. Les premiers objectifs visent la diminution de comportements inadéquats et l'acquisition de comportements d'attention à l'enseignant dans le but de le rendre disponible aux apprentissages. Les premières activités d'apprentissage mettent l'emphase sur la réponse à des consignes simples telles que "assis-toi", "debout", "viens ici" et "regarde-moi" afin de réduire la fréquence des comportements d'autostimulation , d'automutilation et de non-réponse aux demandes. Les programmes éducatifs visent l'acquisition de la parole, qui constitue 80% des objectifs d'intervention: (a) imitation verbale, (b) identification d'objets significatifs, (c) développement de concepts plus abstraits, tels que les couleurs, les prépositions ou les verbes. De plus, des habiletés sociales et d'autonomie sont enseignées: faire une caresse, remercier, jouer avec les autres, s'habiller ou manger proprement. Enfin, le but du traitement consiste à lui enseigner des comportements d'un enfant normal en renforçant ses comportements ses comportements adéquats et en punissant ses conduites inadéquates. L'enfant doit apprendre à approcher ses parents lorsqu'ils lui démontrent de l'affection et de l'approbation et à les craindre lorsqu'ils le punisse. Les techniques d'intervention sont le renforcement de comportements appropriés, l'ignorance ou la punition de comportements inadéquats, le façonnement, l'incitation physique ou verbale et l'estompage de l'incitation (traduction de "prompt" ). Au début du traitement, le renforcement est possible grâce à la combinaison de stimuli alimentaires et sociaux qui permet à l'enfant d'acquérir un répertoire de comportements appropriés. Cette combinaison de stimuli de renforcement est choisie dans un premier but d'amener l'enfant à porter attention à son entourage. Lorsque cette étape est franchie, l'utilisation d'agents de renforcement alimentaires est graduellement estompée et seuls les renforcements sociaux sont utilisés. Cet estompage permet aux stimuli sociaux d'acquérir la propriété de contrôler les comportements de l'enfant et favorise la généralisation des apprentissages. La punition est utilisée en contingence à des comportements d'auto-stimulation et d'automutilation qui interfèrent avec les apprentissages et comprend une réprimande verbale (dire "non" fermement), l'isolement et une tape sur les cuisses de l'enfant.

Les mesures

Les mesures ne sont pas obtenues pour les vingt sujets. Au début de la recherche, les auteurs n'ont pas juge utile de prendre des mesures comportementales pour sept des sujets vivant dans leur famille, puisqu'ils avaient peu de contrôle au niveau du traitement appliqué par les parents. De plus, puisque la généralisation des acquis et le suivi à long-terme n'ont pas été considérés au début, les mesures intellectuelles et sociales sont effectuées auprès de 13 sujets.

Ainsi, les données présentées portent sur 13 sujets qui sont classés en quatre groupe. Les deux premiers comprennent sept sujets qui vivent en milieu hospitalier et y reçoivent un traitement 8 heures par jour pendant 6 à 7 jours par semaine par le personnel entraîné par Lovaas. Seuls les parents du deuxième groupe sont entraînés. Les deux autres groupes comprennent six sujets qui vivent dans leur famille. Les parents sont entraînés à UCLA à raison de trois heures par semaine afin qu'ils appliquent eux-mêmes le traitement à domicile.

Plusieurs mesures sont effectuées afin de vérifier l'efficacité du traitement selon trois variables, la généralisation du stimulus, la généralisation de la réponse et la durée des gains avec le temps. La fréquence et la durée de deux catégories de comportements sont observées: les comportements non-appropriés comprenant l'auto-stimulation et l'écholalie; et les comportements adéquats comprenant le langage approprié, les comportements sociaux non-verbaux (i.e. l'imitation, la réponse à une demande) et le jeu approprié. Finalement, le quotient intellectuel et le niveau de comportements adaptatifs sont mesurés.

Deux suivis post-traitement sont effectués, soit immédiatement après le traitement (suivi 1) et entre une et quatre années après la fin du traitement(suivi 2).

Les données du premier suivi sont tout d'abord présentées. Premièrement, la fréquence des comportements non-appropriés diminue: l'auto-stimulation passe de 23% à 10% du temps et l'écholalie de 5% à 2% du temps. Deuxièmement. les comportements adaptés augmentent. La fréquence moyenne du langage approprié passe de 2% à 8%, les comportements sociaux non-verbaux vont de 4% à 10% et le jeu approprié augmente de 22% à 45%. Sur le plan des autres mesures, soit les quotients intellectuels et les niveaux de comportements adaptatifs. les sujets présentent une augmentation de leur performance. Le quotient intellectuel est mesuré chez dix-neuf sujets. Quatorze sujets ne répondent pas à l'examinateur avant le traitement. Lors du suivi, ils collaborent et obtiennent des Q.I. qui les situent entre 30 et 75. Un dernier sujet passe d'un Q.I. de 80 à 100.

Les mesures effectuées lors du deuxième suivi sont représentées au tableau 1. Les sujets sont répartis en deux groupes: (a) les sujets qui retournent en établissement spécialisé avec des intervenants non entraînés et (b) ceux qui vivent avec leur parents entraînés. Les résultats des deux suivis sont comparés. Il apparaît que le premier groupe présente une augmentation de 45 % pour l'autostimulation et de 5% pour l'écholalie. De plus, une diminution des comportements appropriés est notée au niveau des comportements sociaux non-verbaux et du jeu, soit de 10% et de 20%. Toutefois, les acquisitions au niveau verbal se maintiennent. D'autre part, les enfants du deuxième groupe maintiennent leurs gains au niveau des cinq comportements.

Tableau l

Fréquence des comportements appropriés et non appropriés pour deux groupes d'enfants

Comp. observés

Intervenants non entraînés

Parents entraînés

Suivi 1

Suivi 2

Résultats

Suivi 1

Suivi 2

Résultats

Autostimulation

0,08

0,55

>0,45

0,12

0,10

<0,02 M

Écholalie

0

0,05

>0,05

0,05

0,02

<0,03 M

Parole appropriée

0,08

0,06

0,02 M

0,07

0,08

<0,01 M

Comp. non verbal

0,18

0,08

<0,10

0,08

0,06

<0,02 M

Jeu

0,40

0,20

<0,20

0,50

0,55

<0,05 M

M: Maintien des acquis

 

Plus tard, deux enfants qui vivent en établissement spécialisés bénéficient d'un deuxième traitement puisque les intervenants du centre sont entraînés à l'application du traitement de Lovaas. Ces données démontrent que les comportements appropriés augmentent tandis que les comportements non-appropriés (auto-stimulation et écholalie) diminuent. Toutefois, le programme est cessé afin que d'autres enfants en bénéficient. Des mesures effectuées deux ans plus tard indiquent que les enfants ont perdu leurs acquisitions et les comportements non-appropriés sont réapparus. Ces données permettent donc de conclure que le traitement est responsable des apprentissages de l'enfant puisqu'aussitôt le traitement interrompu. les comportements autistiques réapparaissent pour remplacer les comportements sociaux acquis.

Lovaas et al. (1973) identifient deux faiblesses du traitement. D'une part, les enfants accusent toujours des retards de développement suite à la thérapie. D'autre part, les acquis ne se maintiennent pas si les parents ou les intervenants ne poursuivent pas le traitement au domicile de l'enfant.

Suite aux résultats et aux limites de ces premières recherches, un deuxième projet (Lovaas, 1987) est entrepris en 1970 avec plusieurs modifications.

Le programme d'intervention intensive: UCLA Young Autism Project (1970-1984)

Le nouveau programme thérapeutique appliqué à UCLA par Lovaas (Lovaas, 1987) suit les critères suivants: (a) des sujets plus jeunes sont choisis, âgés de deux à quatre ans, ce qui vise à faciliter la généralisation des apprentissages, (b) le traitement est plus intensif: il dure au moins quarante heures par semaine pour un minimum de deux ans, (c) la thérapie a lieu à la maison et (d) tous les parents suivent un entraînement afin de faire partie intégrante de l'équipe thérapeutique. Des étudiants gradués expérimentés dans l'application des techniques assurent de vingt à trente heures de traitement et les parents travaillent avec l'enfant le reste du temps.

Les sujets

Les sujets sont référés par les services publics de la région de Los Angeles et habitent à moins d'une heure de transport de l'université. Les critères de sélection des sujets sont les suivants: (a) les sujets ont reçu un diagnostic d'autisme, posé par une équipe extérieure à l'étude, (b) l'âge chronologique est de moins de 40 mois pour l'enfant muet et de moins de 46 mois pour l'enfant écholalique et (c) l'âge mental pondéré est de 11 mois et plus pour un âge chronologique de 30 mois (ce qui correspond à un quotient intellectuel de 3s et plus). excluant 15% des enfants référés. Deux groupes sont formés. Dix-neuf enfants composent le groupe expérimental qui reçoit un traitement de plus de 40 heures par semaine pour un ratio d'un intervenant par enfant. Un groupe contrôle comprend 19 enfants qui reçoivent 10 heures ou moins par semaine du même traitement. Seules les interventions punitives ne sont pas utilisées auprès de ce groupe. De plus, ce groupe peut suivre d'autres programmes offerts dans les milieux scolaires spécialisés. A défaut d'une assignation au hasard, qui ne peut être effectuée pour des considérations éthiques, les enfants sont assignés au groupe expérimental jusqu'à ce que la banque d'étudiants disponibles soit épuisée. De plus, un deuxième groupe contrôle est constitué afin de vérifier la possibilité que les enfants référés au programme forment un sous-groupe pouvant être favorisé ou défavorisé par rapport à d'autres. Ce groupe comprend 21 enfants provenant de l'étude de Freeman, Ritvo, Needleman et Yokota ( 1985) qui reçoivent un même type de traitement que le premier groupe contrôle mais appliqué par une autre équipe.

Le traitement

Les objectifs éducatifs

Lors de la première année, trois objectifs sont visés: (a) augnenter la fréquence de comportements d'obéissance, tels que répondre à une demande, imiter des gestes, des mots et des comportements de jeux, (b) réduire les comportements d'autostimulation et d'agressivité et (c) entraîner les parents à l'application du traitement à la maison. Lors de la deuxième année, ces objectifs sont poursuivis et l'emphase est mise sur le développement des habiletés langagières complexes et d'habiletés d'interaction sociales. De plus, une intégration dans une pré-maternelle ordinaire est effectuée avec une enseignante qui accepte qu'un thérapeute soit présent pour assurer la poursuite du traitement. Pendant la troisième année, l'enfant entre en maternelle. Le traitement est alors réduit à 10 heures ou moins et vise l'expression des émotions et l'apprentissage d'habiletés pré-scolaires et scolaires, telles que les habiletés de base en lecture, écriture et en mathématiques. Lorsque l'enfant entre en première année ordinaire, le traitement est cessé et un service de consultation est offert au besoin. Si l'enfant ne présente pas un niveau de développement suffisant à son entrée dans une classe ordinaire, le traitement intensif est poursuivi et peut même dépasser six années. Le tableau 2 illustre la séquence des objectifs édu catifs du programme.

Tableau 2

Les objectifs éducatifs du programme

1. Les habiletés nécessaires à l'apprentissage

Le langage réceptif de base
-Assit
-Regarde-moi
-Mains tranquilles
-Embrasse-moi

Diriger et maintenir l'attention de l'enfant
Éliminer les comportements inadéquats

2. L'imitation, les associations et le langage primaire

L'imitation d'actions simples
-Toucher son nez, ses oreilles, sa bouche, son coude, son genou, ses pieds, sa tête, ses dents, sa langue, lever les bras, taper des mains, taper sur la table, faire byebye, tourner en rond etc.
-L'imitation des expressions faciales
-Ouvrir la bouche, sourire, tirer la langue, bec sonore (smack), clin d'oeil, faire le signe non, faire le signe oui, etc.

Les associations

-Deux objets tridimensionnels (deux autos)
-Deux images
-De famille ou de catégories
-De couleurs
-De formes
-De lecture (mot maman et photo de maman )

Le langage réceptif

-Debout, donne-moi une caresse, va porte, donne, regarde-moi, etc.

L'imitation verbale

-Augmenter la verbalisation -Augmenter la verbalisation sur demande -Imitation de mots: a (ah), m (mm), B (buh), o (oh), f (ef), e(ee), u (uh), k (kuh), t(tuh), etc.
-L'imitation de mots (maman, papa, lait, jus, balle, eau, nez, pipi, bébé, donne, bye-bye, etc.
-L'imitation du volume, de la vitesse et de la tonalité.

3. Habiletés à jouer de façon appropriée

-Jeux de blocs, jouer à la poupée, écrire, dessiner, tracer, copier, choisir un jouet, jeu solitaire.

4. Généralisation et maintien

-Plusieurs environnements
-Plusieurs intervenants
-Avoir des stimuli communs
-Avoir des renforcements communs

5. Habiletés d'autonomie

-Apprendre à manger seul
-Entraînement à la toilette
-Entraînement à l'habillement
-Brosser les dents et les cheveux

6. Langage intermédiaire

-Identification réceptive des objets (va chercher la poupée) -Expression des noms des objets (Qu'est-ce que c'est ? Que veux-tu ?) -Identification réceptive des actions (saute, marche, viens)
-Expression des actions (Que fais-tu?)

Arrêter l'écholalie et le langage psychotique

-Langage par signes
-Langage spontanné

7. Langage avancé

-Identification des couleurs, des formes et de la grandeur des objets
-Préposition (sous, dedans, à côté)
-Pronom (mon nez. ton nez)

8. Concept du temps

9. Entraînement à dire oui et non

10. Enseignement de phrases

11. Intégration à la communauté

-Aller au magasin
-Aller au restaurant
-Tolérance à la frustration

12. Enseignement des émotions

-Identification des émotions
-Démontrer son affection
-Démontrer ses peurs
-Démontrer sa souffrance
-Démontrer sa joie

13. Enseignement de l'imagination

-Imaginer des choses et faire semblant

14. Enseignement de la spontanéité et du contrôle des émotions et des actions

15. Préparer l'enfant à aller à l'école

Les mesures

Afin de vérifier l'équivalence du groupe expérimental et du premier groupe contrôle avant le traitement, vingt mesures sont effectuées: (a) l'âge lors du premier diagnostic, (b) l'âge au début du traitement, (c) l'âge mental pondéré, (d) la fréquence des comportements d'auto-stimulation, (e) la fréquence des jeux appropriés, (f) le nombre de mots reconnaissables et (g) le niveau de retard du langage. De plus, une mesure de la perception des parents de la pathologie de leur enfant est effectuée en comptant un point pour chacun des huit comportements suivants: ne dit aucun mot, n'utilise pas les jeux de façon appropriée, ne démontre pas de sentiment d'attachement, se comporte comme s'il présentait une déficience sensorielle, n'interagit pas avec ses pairs, s'autostimule, présente des crises de colère ou de l'agressivité et n'est pas entrainé à la toilette. Finalement, l'âge d'apparition de la marche, le nombre de frères et de soeurs, le statut socio-économique du père, le sexe de l'enfant et la présence de troubles neurologiques chez l'enfant sont notés.

Une analyse statistique de variance multivariée permet de constater l'équivalence des deux groupes avant le traitement. Le tableau 3 illustre les résultats pour les deux groupes. Au cune do nnées pré-traitement sont présentées pour le deuxième groupe contrôle.

Tableau 3

Moyennes des mesures pré-traitement pour le groupe expérimental et le groupe contrôle

Groupe expérimental

Groupe contrôle

Score pathologique

6,09

6,4

Déficit sensoriel

0,89 des sujets

0,74

Rejet de l'adulte

0,63

0,42

Absence de mots

0,58

0,47

Absence de jeu

0,53

0,63

Absence d'interaction avec les pairs

1,00

1,00

Autostimulation

0,95

0,89

Crises de colère

0,89

0,79

Non entrainés à la toilette

0,68

0,63

Age d'apparition de la marche

6 mois

8 mois

Retard d'apparition de la marche

un enfant

deux enfants

Nombre de la fratrie

1,26

1,26

Statut socio-économique

Niveau 49

Niveau 54

Ratio garçon-fille

16/3

11/8

Sujets référés pour examen neurologique

0

1

Age lors du premier diagnostic

32 mois

35,3 mois

Age en début de traitement

34,6 mois

40,9 mois

Age mental pondéré

18,8 mois

17,1 mois

Pourcentage de mots

0,42

0,58

Fréquence du jeu approprié

28,8

20,2

Fréquence d'autostimulation

12,1

19,6

Présence des troubles de langage

2,4

2,2



Afin de déterminer si, après le traitement, le groupe expérimental diffère des groupes contrôles, Lovaas utilise le quotient intellectuel (Q.I.) et le niveau scolaire de l'enfant plutôt que de comparer les mesures comportementales pré et post expérimentales. Les auteurs jugent que le niveau scolaire de l'enfant est une bonne mesure du fonctionnement global des sujets puisque les commissions scolaires de Los Angeles adoptent des pratiques rigoureuses d'évaluation pour identifier les élèves en difficulté (Lovaas, Smith & McEachin, 1989). Les enfants autistes sont systématiquement placés en classe spéciale. Ainsi, lors de cette étude qui s'étend de 1973 à 1985, l'intégration en classe ordinaire des enfants autistes est une pratique peu commune dans cette région.

Le traitement

Le traitement contient plusieurs techniques d'intervention. Celles-ci ont pour fonction soit: (a) de développer un nouveau comportement, (b) d'augmenter la fréquence d'apparition d'un comportement, (c) de diminuer la fréquence d'apparition d'un comportement et (d) de généraliser et maintenir un comportement. Elles sont ici définies et illustrées à l'aide d'exemples concrets.

Développer et initier un nouveau comportement

L'apparition d'un nouveau comportement ne s'effectue pas de façon fortuite chez les enfants autistiques. L'environnement doit être agencé de façon à permettre l'apprentissage de comportements appropriés (Labbé et Marchand, 1987). Lovaas (1980) utilise plusieurs méthodes de modification de comportement dont: l'indication, l'incitation, l'estompage, le façonnement, etc. Voici donc, la description de ces différentes méthodes.

L'indication

Il est important de bien indiquer à l'enfant ce qu'on attend de lui et que la demande demandée soit claire et précise afin de faciliter chez l'enfant la compréhension de celle-ci. Par exemple, si l'intervenant désire enseigner à l'enfant de s'asseoir, il ne doit pas dire "S'il-te-plait Alain, écoute-moi. Je te demande de t'asseoir sur la chaise en face de toi". I1 doit dire "Assit" de façon claire et précise.

L'incitation

L'incitation est un stimulus discriminatoire additionnel présenté à l'enfant pour qu'il exécute le comportement prédéterminé (Labbé et Marchand. 1987). Il y a trois types d'incitation: (a) l'incitation verbale qui est un mot ou une consigne que l'on donne à l'enfant en vue d'émettre le comportement, (b) l'incitation gestuelle qui est une action motrice qui donne à l'enfant un indice visuel et (c) l'incitation physique qui est l'application d'un contact physique visant à conduire l'enfant à accomplir les mouvements du comportement à acquérir (Forget, 1992; Labbé et Marchand, 1987).

L'estompage

L'estompage est le retrait graduel des incitations. L'objectif de la procédure d'estompage est de retirer graduellement l'ensemble des incitations de façon à ce que le comportement désiré apparaisse sans aide (Labbé et Marchand, 1987).

Le façonnement

Le façonnement consiste à renforcer successivement et graduellement dans le répertoire d'un individu les comportements présents qui ressemblent de plus en plus au comportement-cible désiré (Malcuit et Pomerleau, 1977). Par exemple, l'intervenant voulant enseigner à l'enfant le mot maman, renforcera les vocalisations "mm", "maa", "mam", "mamam" "maman".

La procédure en chaîne

Une chaîne de comportements désigne une habileté ou un comportement complexe de deux ou plusieurs réactions spécifiques se présentant dans un ordre fixe et où l'émission de chaque comportement dépend de l'émission de la réaction précédente (Forget, 1992). Il y a deux types de chaîne: la chaîne progressive et la chaîne régressive.

La chaîne progressive: C'est une procédure où on enseigne à l'enfant les premières réponses au début de l'intervention et les dernières réponses à la fin de l'intervention. Par exemple, si on enseigne à l'enfant les étapes à effectuer pour aller seul à la toilette. On lui apprendra en premier lieu à baisser son pantalon, puis sa culotte. On lui apprendra à s'asseoir et à demeurer assit. Puis on lui apprendra à relever sa culotte et son pantalon.

La chaîne régressive: C'est une procédure où on enseigne à l'enfant la dernière réponse d'une chaîne de comportement au tout début de l'intervention et ou on enseigne la première réponse à la fin de l'intervention. Généralement pour se brosser les dents, on prend la brosse, on la mouille, on met de la pâte dentifrice et on exécute des mouvements sur les dents afin de les brosser. Lors d'une chaîne régressive, on apprend à l'enfant à faire des mouvements sur les dents avec l'aide de la brosse, puis lorsque c'est acquis, on lui apprend à mettre du dentifrice sur la brosse, etc., jusqu'à ce qu'il puisse faire seul la chaîne de comportements et se brosser les dents sans aide.

Augmentation de la fréquence d'un comportement

Afin d'augmenter la fréquence d'un comportement, Lovaas (1980) utilise le renforcement. Le renforcement est une procédure qui consiste à augmenter la probabilité qu'un comportement soit répété (Malcuit, Granger et Larocque, 1968). Lovaas (1980) utilise deux types de renforcements: les renforcements positifs et les renforcements négatifs.

Les renforcements positifs

Cette procédure consiste à faire suivre l'apparition d'une réponse désirée en distribuant un agent renforçant. Cet agent renforçant entraîne une augmentation de la probabilité d'apparition de cette réponse (Magerotte, 1984).

Il y a quatre types de renforcements positifs: (a) les renforçateurs primaires destinées à être consommés tels que la nourriture, les boissons, les bonbons, (b ) les renforçateurs sociaux tels que les sourires, les caresses, les baisers, (c) les activités intéressantes, qui sont les activités que l'enfant préfèrent, telles que jouer avec un bout de papier, faire tourner une toupie, (d) les renforçateurs intermédiaires tels que les jetons, les bons points ou l'argent qui permettent par la suite d'être échangés par ce que l'enfant désire (Magerotte, 1984).

Au début du traitement Lovaas (1980) suggère que les récompenses accordées à l'enfant doivent être concrètes. Généralement, elles sont reliées à la nourriture tels que des bonbons et souvent accompagnés d'approbations sociales telles que des baisers ou des bravos. Suivant la progression du développement de l'enfant, les renforcements deviennent de plus en plus subtils. Des renforcements tels qu'un clin d'oeil ou un sourire peuvent s'appliquer (Lovaas, 1980).

Les renforcements négatifs

Le renforcement négatif désigne le stimulus dont la suppression ou la réduction de façon contingente à l'émission d'une réponse augmente la probabilité d'apparition de cette réponse (Magerotte, 1984). C'est-à-dire que le comportement est renforcé par l'interruption de quelque chose de négatif (Lovaas, 1980). Par exemple, pour récompenser le comportement d'un .enfant autistique lors d'une séance d'apprentissage structurée, l'intervenant peut raccourcir la durée de la séance.

Les recommandations lors de l'utilisation des renforcements

Il importe d'accorder la plus grande attention au choix des renforçateurs. Les renforçateurs doivent être choisis de façon individuelle et s'appuyer sur une observation attentive des aliments ou jouets que l'enfant aime le plus. Ce qui est renforçant pour un enfant ne l'est pas nécessairement pour un autre. Il est important aussi que les renforçateurs soient appropriés au niveau du sujet. Un enfant autistique de trois ans préférera une croustille à un cinq minutes de lecture. Il est aussi nécessaire d'utiliser des renforçateurs de niveau de plus en plus élevés, pour finalement ne plus faire appel qu'aux renforçateurs que l'on trouve dans le milieu naturel. Enfin, il est important d'avoir plusieurs renforcements afin de ne pas atteindre le niveau de satiété de l'enfant, mais au contraire de le motiver à continuer sa tâche.

Les renforçateurs doivent être d'une très courte durée (3-5 secondes) surtout au début du traitement Si les renforçateurs sont d'une durée plus longue, il sera difficile par la suite de ramener l'enfant vers la tâche demandée (Lovaas, 1980).

La récompense doit être donnée immédiatement après la réponse à renforcer. Si tel n'est pas le cas, l'intervenant risque de renforcer (sans le vouloir) le comportement qui serait intercalé entre la réponse souhaitée et la conséquence. Cette règle de l'immédiateté est très importante au début de la phase d'apprentissage (Magerotte, 1984). Une fois que le comportement est bien acquis il est possible d'augmenter le temps entre une réponse donnée et le renforçateur comme cela se vit dans la vie quotidienne.

Les programmes de renforcement

Lovaas (1980), utilise plusieurs procédures de renforcement à l'intérieur de son programme: (a) les renforcements à intervalles fixes, (b) les renforcements à intervalles variables, (c) les renforcements à ratios fixes et (d) les renforcements à ratios variables.

Les renforcements à intervalles fixes. Cette technique implique que le comportement adéquat de l'enfant est récompensé par exemple, à tous les trois essais selon les critères et les exigences de l'intervenant.

Les renforcements à intervalles variables. L'intervenant peut renforcer l'enfant chaque fois qu'il fait en moyenne trois comportements adéquats. Cependant, comme l'intervalle est variable, l'intervenant peut renforcer le troisième comportement, puis le premier puis le huitième comportement adéquat. Cette technique permet d'éviter chez l'enfant autiste la monotonie et l'habituation. De cette façon, la motivation est plus soutenue.

Les renforcements à ratios fixes. Cette procédure amène l'intervenant à récompenser l'enfant à toutes les quatre secondes, par exemple, et ce toujours selon les critères fixés par l'intervenant.

Les renforcements à ratios variables. Lors de cette technique , l'intervenant peut choisir de renforcer en moyenne toutes les quatre secondes. Il peut récompenser la quatrième seconde, puis la neuvième, puis la deuxième. Cette procédure permet tout comme la technique de renforcement à intervalles variables de soutenir plus longtemps la motivation et la performance de l'enfant.

Diminution de la fréquence d'un comportement

Il arrive que l'intervenant doive éliminer ou réduire un comportement non approprié chez l'enfant, tel que déchirer tous les livres ou les papiers qui lui tombe sous la main. Lorsque cela survient. l'intervenant a recours à plusieurs techniques: l'extinction, la punition, l'isolement et la surcorrection.

L'extinction

L'extinction est une procédure d'apprentissage qui consiste à mettre fin à une procédure de renforcement et dont l'effet est de réduire ou éliminer un comportement inadéquat en ignorant de façon systématique ce comportement (Forget, 1992). Par exemple, un enfant qui pleure et se roule par terre pour aucune raison peut augmenter son comportement et même en venir à manipuler son environnement, si les parents et les intervenants réagissent à ces crises. Au contraire, si on ignore ce comportement, il va s'éteindre de lui même puisqu'il n'est jamais renforcé, ni socialement, ni d'aucune façon.

Les punitions

La punition est une procédure qui a pour but de faire diminuer la fréquence d'apparition d'un comportement (Marchand, 1993). Lovaas (1980) dans son programme utilise deux types de punition: la punition positive et la punition négative.

La punition positive

La punition positive consiste à présenter un stimulus aversif à l'apparition d'un comportement indésirable entraînant ainsi une diminution de la fréquence d'apparition de ce comportement (Labbé et Marchand, 1987). Dans le programme de Lovaas (1980), il existe deux types de punitions positives, soit la réprimande verbale et la réprimande physique. Cette dernière est toutefois peu utilisée. La réprimande verbale aussi nommée la réprimande sociale (Labbé et Marchand, 1987) consiste à dire "NON" très fort, lorsque l'enfant ayant acquis un comportement ne l'exécute pas faute d'un manque d'attention ou de concentration.

La punition négative

La punition négative se produit lorsqu'il y a soustraction d'un agent renforçant afin que le comportement indésirable ne se produise plus (Forget, 1992). Par exemple, l'intervenant qui enlève l'objet avec lequel l'enfant s'autostimule émet une punition négative afin que l'enfant arrête ou diminue son comportement d'autostimulation.

L'isolement

Lors de la procédure de d'isolement, l'enfant est. suite à son comportement, placé à l'écart pendant un temps déterminé dans le but de réduire ou d'éliminer le comportement que l'on souhaite voir disparaître. Les intervenants doivent cependant être prudents lorsqu'ils se servent de cette technique puisqu'elle peut parfois avoir un effet indésirable chez l'enfant. Par exemple, il serait inadéquat d'isoler un enfant dans sa chambre si un enfant peu motivé à travailler pleurerait afin d'arrêter la séance. Le fait de l'isoler pourrait augmenter le comportement. Chaque fois que l'enfant voudrait arrêter de travailler. il n'aurait qu'à pleurer, car lorsqu'il pleure la séance se termine et il peut aller se reposer ou jouer à sa guise.

La surcorrection

La surcorrection est une technique ou l'individu qui fait un comportement inadéquat doit en corriger les effets sur l'environnement immédiat, en plus de l'améliorer (Labbé et Marchand, 1987). Par exemple, la surcorrection peut être appliquée avec un enfant qui fait tomber continuellement son verre de lait par terre. La procédure à effectuer est de dire à l'enfant d'arrêter de faire ce comportement et de lui préciser que ce comportement est indésirable (Labbé et Marchand, 1987). L'intervenant dans ce cas peut demander à l'enfant de nettoyer le dégât qu'il vient de faire ainsi que de nettoyer tout le plancher de la cuisine.

Les recommandations lors de l'utilisation de procédures punitives.

La punition doit suivre chaque apparition du comportement indésirable. La notion centrale dans l'utilisation de la punition est de toujours renforcer un comportement alternatif approprié (Labbé et Marchand, 1987). L'individu puni, doit discriminer le comportement-cible et la raison justifiant la punition: une définition claire du comportement à modifier en augmente les chances de compréhension. La punition doit rarement être choisie comme premier moyen pour éliminer un comportement: l'intervenant doit avoir essayé auparavant les procédures non aversives.

Toutes procédures de punition demandent l'autorisation écrite d'un parent, d'un tuteur ou d'un administrateur de l'établissement (Labbé et Marchand, 1987)

La punition présente certains avantages: (a) elle permet de supprimer rapidement le comportement, (b) elle produit des effets à long terme, (c) elle peut même produire un effet irréversible (Labbé et Marchand, 1987).

La punition entraîne aussi certains inconvénients tels que: (a) engendrer des problèmes émotifs, (b) créer de l'agressivité et (c) éliminer tout contact positif avec l'intervenant qui donne la punition. De plus,- la punition risque d'être employée abusivement par les intervenants, à cause même de son efficacité ( Labbé et Marchand, 1987).

La généralisation et le maintien du comportement
La généralisation du stimulus

La généralisation du stimulus est une procédure qui permet de reproduire le comportement d'un stimulus à d'autres stimuli. Par exemple, si on enseigne à l'enfant d'apparier des images avec un éducateur, il est nécessaire de lui enseigner à mettre "ensemble" ces mêmes images, en travaillant avec ses parents.

La généralisation de la réponse

La généralisation de la réponse est le processus par lequel un stimulus déclenche une réponse et peut aussi déclencher d'autres réponses reliées, qui elles, n'ont pas été conditionnées ( Malcuit et Pomerleau, 1977). Par exemple, on peut enseigner à l'enfant à garder ses bottes dans ses pieds lorsqu'il joue dans la neige. Lorsqu'il jouera dans la maison, il gardera spontanément ses souliers dans ses pieds. La généralisation de la réponse est que l'enfant soit capable de transférer son comportement de garder ses bottes à ses pieds au comportement de garder ses souliers à ses pieds et ce sans qu'on lui ait enseigner. Un autre exemple est d'enseigner à l'enfant à nommer différentes images d'un chat soit, en photographies, en images de couleurs et noir et blanc.

Le maintien

Le maintien d'un comportement est la procédure où l'enfant exécute son comportement pendant une longue période de temps (Marchand, 1993). Par exemple, l'enfant exécute toujours le geste "bye-bye" huit mois après les toutes premières interventions, et ce, dans ses interactions quotidiennes avec les autres.

 

Les résultats

L'analyse des résultats révèle que le groupe expérimental présente des niveaux intellectuel et scolaire supérieurs aux groupes contrôles. Dans le groupe expérimental, neuf enfants (47% ) réussissent leur première année ordinaire et obtiennent un Q.I. normal, variant de 94 à 120. Huit enfants (42% ) réussissent leur première année dans une classe pour troubles du langage et obtiennent un Q.I. variant de 59 à 95 (soit de la déficience légère à l'intelligence normale ). Deux enfants sont placés dans une classe pour enfants autistes et déficients intellectuels et se situent au niveau de la déficience intellectuelle profonde (Q.I.< 30). Deux ans plus tard, deux enfants changent de niveau scolaire, Un enfant régresse: d'une classe pour troubles de langage, il est replacé dans une classe pour enfants autistes. Un autre enfant progresse: d'une classe pour troubles de langage, il est transféré dans une classe ordinaire.

Les deux groupes contrôles ne diffèrent pas entre eux avant ni après le traitement, ce qui signifie que les enfants référés à l'UCLA ne possèdent pas de caractéristiques qui peuvent les avantager ou les désavantager par rapport aux autres autistes qui n'y sont pas référés. Les quotients intellectuels des deux groupes contrôles avant et après le traitement se maintiennent. Un enfant (2% ) est intégré en classe ordinaire, 18 (45% ) sont dans une classe pour troubles de langage et 21 (53 % ) sont dans une classe pour enfants autistes.

Lovaas identifie deux variables responsables du rétablissement du rythme de développement de 47% des sujets: une est reliée aux caractéristiques de l'enfant et l'autre au traitement. Premièrement, les résultats d'une analyse de variance révèlent que l'âge mental pondéré de l'enfant avant le traitement est significativement relié à son pronostic. A l'aide de cette variable, il est possible d'identifier en analyse post-hoc les neuf enfants du groupe expérimental qui ont atteint un niveau de fonctionnement normal après le traitement. L'autre variable-clé du traitement est mise en évidence par une étude effectuée auprès de deux sujets (Lovaas,1987). Elle a permis de constater que l'utilisation de techniques punitives en contingence avec l'émission de comportements non-appropriés est significativement reliée aux progrès de l'enfant. Il doit être toutefois noté que cette conclusion s'applique aux enfants qui atteignent un fonctionnement normal. Selon les résultats, la réduction des comportements inappropriés et l'augmentation des comportements adaptés sont peu apparentes et instables lorsque les punitions ne sont pas utilisées. Lors de leur introduction, les changements de comportements sont soudains et stables.

Jusqu'à présent, aucun traitement n'a permis d'obtenir de tels résultats auprès de la clientèle autiste. Afin de démontrer que l'étude suit les principes scientifiques, Lovaas (1987) conclut en identifiant les variables méthodologiques et les résultats qui confirment la validité de la recherche: (a) vingt mesures sont effectuées avant le traitement afin de s'assurer de l'équivalence des groupes, (b ) deux groupes contrôles sont créés: le premier groupe permet de vérifier si le traitement intensif est responsable des progrès des enfants; le deuxième groupe sert à contrôler la possibilité que les enfants référés à l'UCLA présentent des caractéristiques influençant leur pronostic, ( c) l'évaluation diagnostique est effectuée par une équipe extérieure à celle du programme, (d) les deux groupes contrôles ne présentent pas de différence significative ente eux après le traitement, (e) la possibilité d'une guérison spontanée est infirmée par le peu de progrès observé chez les groupes contrôles et (f) le placement scolaire est effectué par des enseignants qui sont indépendants de la recherche. Lovaas précise que les résultats de cette étude ne peuvent être reproduits à moins de mette en place les variables suivantes: le traitement est appliqué par des intervenants expérimentés dans l'application de techniques comportementales auprès d'un enfant autiste; les parents font parti de l'équipe thérapeutique et appliquent le traitement à la maison; les enfants sont âgés entre 2 et 4 ans; et finalement, des procédés punitifs sont utilisés pour réduire les comportements non-appropriés.

Le suivi à long terme des sujets

Dans le but de vérifier l'efficacité d'un tel traitement à long-terme, des mesures sont effectuées auprès des sujets plusieurs années après la fin du traitement pendant l'année 1984-85 (McEachin, Smith & Lovaas, 1993).

Les sujets

Les sujets du groupe expérimental sont en moyenne âgés de 13 ans, variant de 9 à 19 ans. Certains ne sont plus suivi en thérapie, alors que d'autres sont toujours en traitement. D'une part, les neuf enfants qui sont intégrés en classe ordinaire ont cessé la thérapie à l'âge de 7 ans. D'autre part, certains enfants qui n'ont pas atteint ce niveau peuvent poursuivre le traitement au-delà de l'âge de 7 ans, à la demande des parents. Ainsi, la durée de temps où les sujets ont cessé la thérapie varie de O à 12 ans. Les 9 sujets qui ont atteint un fonctionnement normal ont cessé depuis 3 à 9 ans.

Seuls les sujets du premier groupe contrôle sont inclus dans cette étude puisque ceux du deuxième groupe contrôle ne sont pas disponibles. Une enfant du premier groupe contrôle ne peut être évaluée puisqu'elle vit dans un établissement spécialisé et que son niveau de fonctionnement est bas. L'âge moyen des ces sujets est de 10 ans, variant de 6 à 14 ans. La durée de temps où les sujets ont cessé le traitement est de 3 ans en moyenne et varie de O à 9 ans. Ainsi, les sujets du groupe expérimental sont plus vieux et ont cessé le traitement depuis plus longtemps. Cette différence s'explique par le critère d'assignation des sujets qui est la disponibilité du personnel. En effet, les premiers enfants référés sont assignés au groupe expérimental puisque des étudiants sont disponibles pour les traiter.

Enfin, pour chaque enfant du groupe expérimental, l'évaluateur se voit assigner un enfant normal d'âge similaire. Ainsi, un groupe d'enfants n'ayant pas d'antécédents cliniques est formé afin de servir comme groupe de comparaison avec les neuf sujets du groupe expérimental ayant atteint un fonctionnement supérieur.

Les mesures

Cinq mesures permettent de vérifier les gains des sujets. Toutefois, pour certains enfants, il n'a pas été possible d'obtenir les données de tous les tests. Premièrement, un test d'intelligence, le WISC-R (Weshler, 1974) est administré chez tous les sujets à l'exception d'un enfant du groupe contrôle. Deuxièmement, un test qui mesure les comportements adaptatifs, le Vineland Adaptative Scales est administré à 18 sujets du groupe expérimental et à 15 enfants du groupe contrôle. Ensuite, un questionnaire standardisé est coté par les parents afin d'obtenir une mesure de la présence de troubles psychologiques chez l'enfant, le Personality Inventory for Children (Wireft, Lachar, Klinedinst & Seat, 1977). Les données de cette mesure sont les moins fréquentes: elles sont obtenues pour quinze sujets du groupe expérimental et seulement douze du groupe contrôle. La quatrième mesure est le niveau scolaire de l'enfant (classe ordinaire ou classe spéciale) obtenu par les parents de tous les sujets. Enfin, un questionnaire d'entrevue clinique est développé afin d'obtenir des données spécifiques sur des comportements qui ne sont pas évalués par les autres tests. Cette mesure est effectuée seulement auprès des neuf enfants qui sont en classe ordinaire. L'instrument inclut 22 items qui sont des symptômes persistants de l'autisme, soit des rituels, des comportements de compulsion, un manque d'empathie et d'intérêt pour les autres, et des troubles identifiés dans la population générale chez les enfants, la dépression, l'anxiété ou l'hyperactivité.

Les neuf sujets qui ont atteint un niveau supérieur de fonctionnement sont évalués par des examinateurs aveugles. Dix-sept sujets sont évalués par l'équipe de traitement de l'UCLA et 11 sont évalués à l'extérieur, par des psychologues qui oeuvrent en milieu scolaire ou clinique.

Les résultats.

Les premières analyses visent à identifier si les deux groupes diffèrent entre eux au niveau des différentes mesures. Premièrement, au niveau du classement scolaire, une différence significative est observée entre les groupes, ce qui corrobore avec les données obtenues lors de la première étude (Lovaas, 1987). Neuf sujets du groupe expérimental suivent une classe ordinaire alors que tous les sujets du groupe contrôle sont en classe spéciale. Deuxièmement, le quotient intellectuel moyen des sujets du groupe expérimental est de 84,5, ce qui est supérieur à celui du groupe contrôle, qui est de 54,9. Ces données indiquent que les gains du premier groupe se maintiennent: lors du premier suivi à l'âge de sept ans, les Q.I. respectifs des sujets sont de 83 et 52.

Troisièmement, des données sont obtenues au niveau des comportements adaptatifs qui incluent la communication, l'autonomie dans les activités quotidiennes, les habiletés sociales et le niveau de comportements inadaptés. En moyenne, les sujets du groupe expérimental obtiennent un score global moyen de 72, ce qui est. significativement supérieur au score de 48 du groupe contrôle. Sur le plan des comportements nonappropriés, un score de 10,2 est obtenu par le groupe expérimental, ce qui représente un niveau normal. Le groupe contrôle obtient un score de 17,1 qui indique un niveau de comportements significatifs sur le plan clinique. McEachin et al. (1993) indiquent qu'une différence significative est obtenue entre ces données à un seuil de 0,05, ce qui les amène à conclure que le premier groupe présente plus de comportements adaptés et moins de comportements non-appropriés que le deuxième. Toutefois, ils omettent de mentionner qu'il n'y a pas de différence à un seuil de 0,01. Ainsi, il serait plus prudent de dire que les données indiquent une légère différence entre les groupes au niveau des comportements non-appropriés. Enfin, concernant les résultats de l'inventaire de la personnalité, les scores obtenus sont de 62 pour le groupe expérimental et de 65 pour le groupe contrôle. Aucune différence significative n'est observée entre ces données. Toutefois, elles sont un indice d'une déviance possible ou légère, alors qu'un score de 70 et plus indique la présence d'un problème important nécessitant le recours à un professionnel. Une autre analyse révèle que les groupes présentent un résultat significativement différent sur deux sous-tests. Sur l'échelle de symptômes psychotiques, le groupe expérimental a une moyenne de 78 alors que le groupe contrôle a une moyenne de 104. Au niveau des symptômes psychosomatiques, c' est le groupe contrôle qui présente un score plus bas que le groupe expérimental, soit 45 comparativement à 54.

Les autres analyses portent sur la comparaison entre les neuf sujets qui démontrent un niveau de fonctionnement supérieur et le groupe de pairs qui constitue le groupe de comparaison. Seules les moyennes sont présentées pour ce dernier alors que les données individuelles sont données pour le groupe expérimental. Tout d'abord, les résultats du fonctionnement intellectuel obtenus par le groupe de comparaison se situent dans la moyenne: un Q.I. global de 119, un Q.I. verbal de 116 et un Q.I. non verbal de 118. Le groupe expérimental obtient globalement des données dans la moyenne: un Q.I. global de 111 variant de 99 à 136, un Q.I. verbal de 108 variant de 80 à 125, un Q.I. non-verbal de 111 qui varie de 88 à 138. Deuxièmement, au niveau des comportements adaptatifs, les sujets normaux obtiennent des résultats dans la moyenne: un résultat global de 101, 102 au niveau de la communication, 100 pour les habiletés quotidiennes et 102 sur le plan de la socialisation. Les sujets du groupe expérimental obtiennent en moyenne des résultats semblables: un résultat de 94 au global variant de 80 à 108, 98 pour la communication, 92 au niveau des habiletés quotidiennes et 99 sur le plan de la socialisation. La moyenne des comportements nonappropriés est de 8,8, ce qui représente un niveau normal. Toutefois, trois sujets présentent des taux significatifs au niveau clinique, soit 13, 15 et 16, comparativement à un seul su jet du groupe d'enfants normaux. Les résultats de la troisième mesure, le test de personnalité indiquent que les sujets normaux obtiennent un score de 49 comparativement à une moyenne de 55, variant de 49 à 70 pour les neuf sujets de fonctionnement supérieur Le score de 70 est obtenu par un su jet qui présente neuf scores élevés révélant la présence de comportements significatifs sur le plan clinique. Les résultats de l'inventaire de personnalité ne sont pas obtenues pour deux sujets du groupe expérimental. Finalement, les résultats de l'entrevue incluant 2Z items sont présentés. Le score moyen des sujets peut varier de 0 (aucun indice de pathologie ) à 66 ( déviance sévère). Les données indiquent que les sujets de comparaison obtiennent des scores de 0 à 5, avec une moyenne de 1,7. Le groupe expérimental obtient une moyenne de 8,8. Les scores vont de 0 à 10 pour huit sujets alors que le dernier obtient un résultat de 42. A la lumière des données, les auteurs concluent que les moyennes sont haussées par les résultats de ce dernier sujet.

Enfin, les auteurs concluent que le groupe expérimental maintient ses gains au niveau du Q.I. entre l'âge de sept ans et ce deuxième suivi. De plus, ce groupe présente un niveau de comportements adaptatifs et un fonctionnement de la personnalité supérieur au groupe contrôle. Troisièmement, les résultats indiquent que huit des neuf sujets démontrent un niveau de fonctionnement dans la moyenne sur les quatre mesures. Un sujet présente des scores extrêmes qui indiquent la présence de comportements déviants. D'ailleurs, ce sujet est transféré d'un classe ordinaire à une classe pour enfants ayant des retards de langage, ce qui amène les auteurs à conclure qu'il n'apparaît plus fonctionner dans la moyenne. Enfin, des cliniciens aveugles qui cotent un questionnaire d'entrevue structurée ne peuvent discriminer les sujets du groupe expérimental de ceux du groupe d'enfants normaux. Les auteurs concluent que d'une part, 8 sujets, soit 42%, acquièrent des gains considérables et durables et démontrent un fonctionnement normal. D'autre part, aucun des sujets du groupe contrôle n'atteint ces résultats, ce qui est consistant avec le pauvre pronostic rapporté par d'autres chercheurs (Freeman, Ritvo, Needleman & Yokota, 1985 ).

 

Les limites du programme d'intervention

Les recherches de Lovaas et son équipe durent depuis 1964 et présentent des faiblesses méthodologiques. Toutefois, lors de chaque nouveau projet, les chercheurs améliorent les contrôles et les mesures effectuées. En dépit de ces efforts, leurs études sont largement critiquées par des chercheurs, divers intervenants et des parents (Mesibov, 1993; Mundy, 1993; Schopler & Mesibov, 1989). Les principales critiques portent sur les mesures utilisées pour évaluer l'efficacité du traitement, sur la validité du diagnostic des sujets du groupe expérimental et sur l'assignation des sujets non aléatoire entre les groupes (Schopler & Mesibov, 1989; Mesibov, 1993; Mundy, 1993).

Schopler et Mesibov (1989) critiquent la méthodologie de l'étude de Lovaas (1987). Premièrement, l'utilisation du placement scolaire et du Q.I. comme mesures des progrès après le traitement est critiquée. Ils jugent que le classement scolaire est une mauvaise mesure qui peut être facilement influencée par la pression des parents et des professionnels qui prônent l'intégration scolaire. De plus, ils notent que l'augnentation du Q.I. après le traitement pourrait résulter de l'apprentissage de la collaboration et de l'obéissance plutôt que de révéler un réel développement intellectuel. Lovaas, Smith, et McEachin (1989) répliquent que cette hypothèse est peu plausible puisque les procédures d'évaluation suivies sont celles reconnues (Freeman,1976) pour assurer lavalidité d'une évaluation d'une personne autiste.

Deuxièmement, Schopler et al.(1989) indiquent que les enfants du groupe expérimental font partis du 2047o de la population autiste ayant un Q.I. plus élevé, ce qui favoriserait leur pronostic. Lovaas et al. (1989) répliquent que les mesures préexpérimentales sont presqu'identiques chez les trois groupes. Ainsi, il est impossible que les résultats soient dus à une caractéristique favorisant le groupe expérimental.

Finalement, Schopler et al.(1987) prétendent que les familles des groupes contrôles ne sont pas comparables à celles du groupe expérimental puisque selon l'article de Lovaas (1978), il est possible de supposer que les parents vivant des problèmes personnels sont exclus du groupe expérimental puisqu'ils ne peuvent s'impliqueractivementdansle traitement. Lovaasetal. (1989) affirment qu'une seule variable a permi d'assigner les sujets à l'un des groupes: la disponibilité du personnel étudiant avant le traitement. Dans de telles familles, les intervenants assument davantage d'heures de traitement avec l'enfant afin de leur alléger la tâche. De plus, aucun enfant ne change de groupe après l'assignation.

Ces critiques se maintiennent pour l'étude rapportée par McEachin et al. (1993) sur le suivi à long-terme des sujets de l'étude de 1987. Mesibov (1993) et Mundy (1993) rapportent que les mesures utilisées sont trop globales pour permettre de conclure que le ssujets maintien nent leur gains. Selon eux, il est donc impossible de se baser sur les données présentées par McEachin et al. (1993) pour conclure que le fonctionnement d'un groupe de sujets est devenu normal et se situe dans la moyenne. Ces auteurs discutent qu'il est possible que les sujets présentent encore des symptômes autistiques qui peuvent être difficilement décelables au moyen de mesure globales.

En dépit de ces critiques, les travaux de Lovaas et de ses collaborateurs génèrent l'appui de d'autres chercheurs (Baer,1993; Dawson &Castelloe, 1992; Foxx, 1993; Kædin, 1993). Un point est relevé de façon consistante. incluant l'équipe de Lovaas (Baer,1993; Dawson & Castelloe, 1992; Foxx, 1993; Kazdin, 1993; Lovaas, 1987; McEachin, Smith & Lovaas,1993; Mesibov, 1993, Mundy-, 1993): la reproduction des études de Lovaas (1987) et McEachin et al, (1993) sont nécessaires. Elle permettrait premièrementde vérifier si de mêmes résultats peuvent être obtenus par d'autres équipes tout en améliorant les faiblesses méthodologiques identifiées (Foxx, 1993). De plus, ces recherches sont nécessaires pour l'avancement des connaissances au niveau du traitement de l'autisme. Elles servent à répondre à des questions sur le fonctionnement du traitement, telles qu'identifier les variables du traitement responsables des changements et les facteurs individuels expliquant les différences de réponse entre les enfants (Foxx, 1993; Smith, McEachin&Lovaas,1993).

La reproduction des études de Lovaas

Présentement, la reproduction totale de l'étude de Lovaas (1987) est en cours à l'UCLA par Smith (1992, 1993) depuis l'année 1988 et en Norvège par Klevstrand (1992) depuis 1990. Bien que les études soient loin d'être terminées, les résultats obtenus jusqu'à ce jour sontsimilaires auxdonnées présentées Dar Lovaas (1987) (Smith, 1992, 1993; Klevstrand,1992).

D'autre part, suite aux résultats surprenants de Lowas (1987), quelques groupes de chercheurs et de professionnels oeuvrant dans des milieux éducatifs et cliniques vérifient si les mémes résultats sont obtenus suite à certaines modifications au niveau du traitement, de la sélection des su jets, de l'investissement de temps et de la formation du personnel. Anderson, Avery, Dipietro. Edwards & Christian (1987) entreprennent une reproduction partielle de Lovaas (1987) afin de répondre à la nécessité de développer un modèle de service efficace qui remplace la pré-maternelle et la maternelle qui ne permettent pas aux enfants autistes de se développer de façon significative. Les variables suivantes sont modifiées par rapport à l'étude de Lovaas. Les enfants sont plus vieux, soit âgés entre 18 et 64 mois. Les enfants ayant un diagnostic de traits autistiques sont acceptés, ce qui correspond à un trouble envahissant du développement non-spécifié. Les thérapeutes reçoivent une formation plus courte, soit de 30 heures. L'intensité hebdomadaire du traitement est de 15 à 25 heures et les parents doivent travailler avec leur enfant pour dépasser 15 heures. Quatorze sujets sont traités et aucun groupe contrôle n'est utilisé. Huit suivent la thérapie pendant un an, alors que six poursuivent jusqu'à deux ans. Aucune technique punitive n'est utilisée pour résuire les comportement inadéquats persistants.

Cinq types de mesures permettent de vérifier les progrès des sujets. Premièrement, une augmentation significative de l'âge mental est observée après un et deux ans de traitement. Deuxièmement, une augmentation significative des habiletés adaptatives est observée, mesurée par le Vineland Adaptative Behavior Scales (Sparrow & al., 1984). Les habiletés de langage réceptif et expressif sont améliorées significativement selon les scores obtenus aux tests Peabody Picture Vocabulary Test (Dunn & Dunn, 1981) et le Sequenced Inventory Communication Development. Quatrièmement, au niveau du ratio de développement, calculé à l'aide du Uniform Performance AssessmentTest (White, Edgar, Haring, Afflick, & Hayden, 1978), une augmentation significative du rythme de développenient est observée après le traitement. Finalement, tous les sujets bénéficient de services éducatifs continus et spécialisés etaucun n'est intégré dans une classe ordinaire à temps plein. Enfin, les progrès diffèrent entre les enfants. Deux sujets n'ont démontré peu ou pas de changement. Les auteurs concluent que ce programme d'intervention permet aux enfants de se développer davantage comparativement aux programmes pré-scolaire. Toutefois, probablement dû à la reproduction partielle de l'étude de Lovaas ( 1987), les gains des sujets sont moins significatifs que ceux rapportés par ce dernier.

Une autre étude semblable est effectuée en Australie (Birnbrauer & Leach, 1993). Les résultats partiels de l'étude, soit après deux ans, sont présentés. Les sujets sont âgés entre 24 et 48 mois et répondent aux critéres diagnostiques du TED ou du TEDNS. Neu f sujets participen t au groupe expérimen tal alors que cin q son t in clus dans le groupe contrôle. L'intensité du traitement varie pendant l'année. La moyenne est de 18,72 heures par semaine variant de 8,7 à 24,6 heures. Les thérapeutes sont des étudiants volontaires qui suivent un entraînement in vivo par le coordonateur du traitement de l'enfant. Les comportements inadéquats sont punis par des réprimandes verbales ou de la surcorrection. Aucune punition physique n'est utilisée. Enfin, les parents reçoivent un service de consultation afin de les aider à gérer l'éducation de leur enfant en plus de libérer les stress inhérents à l'handicap de l'enfant.

Des mesures conformes à l'étude de Lovaas ( 1987) sont effectuées. Les résultats divisent les sujets en deux sous-groupes. Le premier comprend des enfants qu présentent un quotient intellectuel de 80 et plus et des ratio de développement élevés au niveau du langage et des comportements adaptatifs. Ils commencent à communiquer, jouent de fa$on appropriée avec les pairs, démontrent peu de crises et sont entraînés à la toilette. Le deuxième sous-groupe démontre des gains inférieurs au premier. Ces sujets ne s'expriment pas avec la parole ou un langage non-verbal, ne jouent pas et démontrent peu d'intérêt à leur enn ironnement physique et social. Quatre sujets du groupe expérimental (44% ) et un sujet du groupe contrôle (20% ) sont classés dans le premier groupe. Cinq enfants du groupe expérimental (55% ) et quatre du groupe contrôle (80% ) démontrent des progrès modérés à faibles. Les résultats de l'Inventaire de la personnalité indiquent que tous les sujets présentent des scores élevés au niveau du sous-test de la psychose, caractérisé surtout par la haute fréquence de comportements d'autostimulation.

Ces données indiquent encore une fois que des enfants ayant un TED peuvent démontrer des progrès significatifs au niveau du quotient intellectuel, des habiletés adaptatives, du langage et des comportements inadéquats. L'auteur rapporte que les sujets sont toujours en traitement. Il est donc nécessaire d'attendre les prochaines données avant de pouvoir généraliser ces résultats à d'autres enfants. Enfin, l'auteur mentionne que les modifications apportées comparativement à l'étude Lovaas répondent aux besoins de la région. Les coûts sont minimisés dû à la structure de bénévoles, même les plus bas rapportés jusqu'à présent. Puisque le nombre d'enfants par région est faible, les auteurs recommandent que les centres poursuivent des études de cas afin d'augmenter le nombre de sujets traités et de permettre la comparaison entre les données sur une base longitudinale. Finalement, Birnbrauer et Leach ( 1993) apportent une contribution importante pour la reproduction ultérieure de l'étude de Lovaas ( 1987) par d'autres équipes de chercheurs.

 

Les conclusions des recherches de Lovaas: une approche inductive

Les travaux de Lovaas se caractérisent par une approche inductive où chaque donnée est acrumulée afin de construire un modèle théorique supportant les résultats obtenus au cours des multiples années de recherche. Ce n'est qu'après trente ans d'expérimentations que le chercheur propose une théorie définissant le trouble autistique et l'approche thérapeutique qui est à privillégier (Lovaas & Smith, 1989). La démarche scientifique de Lovaaas est comparable à celle de Patterson qui a développé un modèle théorique et clinique pour le traitement des troubles du comportement et de la conduite (Patterson, 1982).

 

Quatre observations composent le modèle de Lovaas et Smith ( 1989).

Premièrement, les lois de l'apprentissage expliquent les comportements autistiques et constituent donc les bases du traitement. Deuxièmement, l'enfant autiste présente plusieurs déficits comportementaux. Ainsi, chaque comportement doit être enseigné afin que l'enfant devienne un individu socialement adapté. Cette observation contredit les hypothèses qui stipulent que l'autisme est causé par une variable interne (un trouble affectif, neurologique ou de communication) qui une fois traitée devrait soudainement rétablir le rythme de développement de l'enfant. Troisièmement, l'enfant autiste peut apprendre, mais l'environnement doit être modifié. Les demandes doivent être explicites et les conséquences du comportement doivent être significatives pour l'enfant. Finalement, Lovaas émet l'hypothèse que l'enfant autiste n'apprend pas dans son environnement naturel comme le fait l'enfant normal puisque son systéme nerveux central ne capte pas l'information comme le système nerveux d'un enfant normal. Le cerveau de l'enfant autiste fonctionnerait mieux dans un environnement modifié.

Lovaas et Smith ( 1989) proposent des voies de recherches qui permettraient de mieux comprendre les troubles autistiques et ainsi d'améliorer leur modèle théorique. Il serait nécessaire d'élaborer des instruments d'évaluation permettant d'établir un diagnostic avant l'âge d'un an ou deux afin de vérifier si des enfants autistes traités à un plus bas âge bénéficieraient davantage du programme d'intervention que ceux qui débutent le traitement à deux, trois ou quatre ans. Enfin, ils suggèrent qu'une réorganisation totale des modèles de services soit expérimentée, découlant des données obtenues au cours de leurs recherches: (a) toutes les personnes qui côtoient l'enfant autistique doivent suivre un entrainement pour être en mesure de lui fournir un enseignementadapté àson trouble, (b) le programme d'intervention doitêtre appliqué dans tous les environnements, prioritairement à la maison, (c) les objectifs d'intervention appliqués présentement dans les milieux scolaires et les centres d'acceuil doivent être complètement modifiés et (d) tous les intervenants doivent travailler en collaboration avec les parents.

Enfin, les travaux de Lovaas doivent être reproduits par diverses équipes de chercheurs et de cliniciens. Les résultats sont attendus et serviront à déterminer le cours des prochains services thérapeutiques et éducatifs de l'autisme.

 

Le programme de Lovaas à Montréal

Un résumé du programme

Les recherches de Lovaas ont débuté au tout début des années soixante. Les trois premières années de sa carrière furent investit à mettre à terme plusieurs études exploratoires à court terme. A cette époque, les études de Lovaas portaient sur l'effet du langage et sur le développement moteur des enfants ayant des difficultés langagières (Lovaas, 1964). C'est donc de cette façon qu'il fut mis en contact avec une clientèle d'enfants autistiques.

Le programme offert est structuré et intensif soit d'environ 40 heures par semaine. Le traitement s'éc helonne sur plus de deux ans. Lors de la première année, le but du traitement consiste à (a) réduire l'auto-mutilation et les comportements agressifs, (b ) apprendre à l'enfant comment faire des demandes verbales élémentaires, (c) enseigner l'imitation, (d) établir des jeux appropriés avec les jouets et (e) promouvoir l'extension du traitement dans la famille.

Durant la de uxième année le traitement met l'emphase sur l'enseignement du langage expressif et abstrait. Le traitement s'étend jusque dans la communauté de l'enfant en vue de l'intégrer dans un groupe préscolaire.

Dans la troisième année on enseigne à l'enfant l'expression émotive et les tâches pré-académiques comme la lecture, l'écriture, les mathématiques et l'apprentissage par observation en vue de l'intégrer dans une classe ordinaire de première année.

Le traitement se base sur les techniques de modification du comportement tels l'indication, l'incitation, l'estompage, le façonnement, les renforcements, l'extinction, les punitions, la généralisation et le maintien des comportements adéquats.

Les résutats du programme indiquent des résultats favorables. Neuf (47% ) enfants appartenant au groupe expérimental sont parvenus à un fonctionnement normal dans une classe ordinaire, ils ne présentent aucun déficit intellectuel ou comportemental et leur langage est considéré comme fonctionnel. Huit (42%) enfants du même groupe ontété accepté dans une classe de première année pour enfants ayant des problèmes d'aphasie. Ces huit enfants ont obtenus en moyenne un score d'intelligence de 70. Seulement deux (10%) enfants fut placés dans une classe pour enfants autistiques et ayant un retard intellectuel profond (moins de 30) (Lovaas, 1987).

Cinq and plus tard, une relance est effectuée et les résultats se maintiennent (McEachin, Smith et Lovaas, 1993 ) .

 

A Montréal

Le programme de Lovaas est offert depuis plus de quatre ans au Centre de Consultation Psychologique et éducationnelle situé dans la région de Montréal avec la collaboration d'étudiants de l'Université du Québec à Montréal.

La clientèle

Les enfants ayant profités du programme répondent au diagnostic d'autisme et sont âgés entre 2 et 4 ans lors de la mise en place du programme. Toutefois, des parents et des intervenants commencent à appliquer ce traitement auprès d'enfants ayant un diagnostic d'audimutité sévère, de trouble envahissant du développement non spécifié et même des enfants ayant un retard intellectuel avec quelques comportements autistiques. Il est à noter que les resultats recueillis auprès de ces clientèles sont favorables.

Les résultats.

Jusqu 'ici, à Montréal, des 4 enfants qui suivent le traitement intensif, aucun ne se retrouve dans le groupe d'enfants qui ont récupéré totalement pour être intégrés dans une classe ordinaire de première année. Toutefois, les enfants ont acquis des habiletés qui les prédisposent à l'apprentissage mais à différents niveaux. Certains ont fait des progrès plus significatifs que d'autres. Ils ont appris à rester assis, sans bouger de tout côté, sans s'autostimuler ou s'automutiler, sans toucher ou lancer les objets sur la table. Ils comprennent davantage les consignes, aiment lorqu'on les touche ou les chatouille, apprennent à jouer avec les jouets, à imiter les gestes ou les verbalisations de l'adulte ou des enfants. Ils initient des demandes en pointant des images ou en disant un mot ou une approximation verbale de ce mot. Les enfants sont davantage attentif à nos demandes, ils se font comprendre et sont plus sensibles à ce qui se passe dans leur environnement. Un des points notables, est l'amélioration de leur capacité à tolérer la frustration. Par le fait même, l'agressivité, les crises et les pleurs sont réduits.

Les modalités du programme.

L'âge de l'enfant et l'intensité de 40 hres/semaine sont deux variables nécessaires pour obtenir des résultats similaires à ceux obtenus par Lovaas. Lorsque l'enfant est plus vieux ou que l'intensité est moindre, il est difficile de s'attendre à ce que l'enfant récupère totalement. Plusieurs études sur le développement du cerveau et sur la stimulation précoce démontrent que plus l'enfant est stimulé jeune, plus il a de chances que de progresser au niveau de ses apprentissages.

Les critéres d'efficacité du traitement auprès de mon enfant.

Afin d'aider les parents à choisir entre les divers traitements existants pour les enfants démontrant un trouble envahissant du développement et plus spécifiquement un trouble autistique, il est recommandé d'effectuer un trois mois d'essai. Un test a été développé par Lovaas (Early Learning Measure) et est administré avant et après 3 mois de traitement. Cet instrument permet de prédire avec un très haut taux de précision, les chances que l'enfant profite du traitement. Les parents peuvent choisir suite aux résultats du test de poursuivre le traitement ou non. Bien entendu, au cours des 3 mois, les parents peuvent constater les progrès de l'enfant. Cette évaluation est nécessaire pour permettre aux parents de considérer le rapport "coût/bénéfice" de ce traitement. C'est-à-dire l'investissement que le parent devra investir pour améliorer les apprentissages de leur enfant, autant sur le plan des ressources financières, qu'à l'énergie et au temps qui devra être consacré.

Les variables à considérer avant de choisir ce traitement.

Pour l'enfant.

-Le programme procure au début un stress important pour l'enfant, il est probable qu'il réagisse par des pleurs et des crises fréquentes. Par la suite, ies interventions amènent une structure quotidiennel; il sait quèlles sont les activités de sa journée et accepte plus facilement les demandes.

-Le programme augmente ses habiletés de communication, réduitles crises, améliore sa capacité d'attention aux demandes et se fait comprendre.

Pour la famille.

-Le traitement exige des thérapeutes à votre domicile de 8-9h a.m. à 17h et parfois le week-end, ce qui au début change vos habitudes. Cepenfant, par la suite, cette façon de prodécer vous libère et vous permet de sortir, de travailler, de vous occuper davantage de vous. Il est important de considérer que vous venez de recevoir le diagnostic et devez aussi prendre le temps se l'approprier et de réorganiser votre vie.

-Le traitement demande aux parents d'accepter des interventions éducatives structurées et d'être à l'aise avec l'idée que votre enfant doit apprendre à répondre à des demandes au début pour qu'il apprenne à observer son environnement par la suite.

-Les coûts du traitement sont importants. Il est nécessaire de vérifier les ressources qui vous entoure et ce, de façon réaliste.

Les thérapeutes.

-Ceux-ci doivent posséder une formation universitaire rigoureuse sur la modification du comportement. Il peut toutefois être difficile de trouver de tels thérapeutes. Dans ce cas, il est proposé de travailler avec un thérapeute qualifié qui vous entraîne à l'application du programme. Les parents peuvent devenir d'excellents thérapeutes et superviseurs du traitement de leur enfant. Plusieurs recherches l'ont démontré (Harris, 1986) et des parents au Quebec nous en ont fait la preuve. Lorsque vous maîtrisez bien les principes du traitement, vous pouvez recruter des étudiants et les entraîner. Les qualités essentielles d'un bon thérapeute sont la confiance en soi, le dynamisme, aimer les enfants et san oir être ferme et structuré.

 

Les recommandations

Les recherches de Lovaas et nos expériences semblent indiquer que les enfants progressent lorsque:

-le traitement est intensif ou lorsqu'un objectif d'apprentissage est répété tous les jours, plusieurs fois par jour.

-l'enfant vit constamment des succès.

-les apprentissages sont présentés petits à petits.

-l'enfant est jeune .

-les parents appliquent le traitement en séance de travail et le soir dans le quotidien.

-les thérapeutes sont formés et incluent les parents comme co-thérapeutes.

-la famille est à l'aise avec cette intensité.

 

Conclusion

Plus la stimulation débute tôt, plus votre enfant a des chances d'apprendre le plus il sera autonome et fier de lui, et vous aussi. Il est important de penser à long terme, lorsque votre enfant aura 10-15-20 ans. Les problèmes de communication et de comportements demeurent et peuvent même s'aggraver avec l'âge. Le traitement de Lovass est structuré et exigeant mais les enfants semblent apprécier les routines, les apprentissages et les contacts avec les thérapeutes et leurs parents. Ils apprennent et sont fiers d'eux car, ils est plus facile pour eux d'entrer en relation avec les autres et leur environnement.

Les expériences montréalaises et la recherche démontrent que les parents peuvent très bien appliquer ce traitement eux-mêmes avec l'aide de professionnels au besoin.

Le programme démontre de meilleurs résultats s'il est effectué de façon intensive. Toutefois, le programme peut très bien s'appliquer que quelques heures par semaine ou lors des vacances scolaires afin de modifier ou améliorer certains comportements .

Nous sommes toujours en contact avec Lovaas afin de reproduire ses études pour vérifier si elles sont réplicables. D'ici 5 ans, nous espérons obtenir des subventions qui nous permettront de savoir quel type d'enfant autistique bénéficiera de ce traitement.

Références

American Psychiatric Association, (1987), Diagnostic and statistical manual of mental disorders, (3rd edition-revised) Washington DC: Author

Anderson. R.S., Avery, d.L., DiPietro, E.K., Edwards, G.L. & Christian, W.P., (1987), Intensive home-based early intervention with autistic children, Education and treatment of Children, 4, 352-366

Baer, D.M. (1993), Quasi-random assignment can be as convincing as random assigment, American Journal on Mental Retardation, 97, 373-374

Rirnbrauer, J.S. & Leach, D.J. (1993), the Murdoch early intervention program after 2 years, Behavior Change, 10, 63-74

Dawson, G. & Castelloe, P. (1992), Autism. Dans C.E. Walker & M.C. Roberts, (Eds), Handbook of clinical psychology, 2nd edition, 375-397

Forget, J. (1992), Dictionnaire encyclopédique des sciences du comportement, Document de travail

Foxx, R. (1993), Sapid effects awaiting independent replication, American Journal on Mental Retardation, 97, 375-376

Freeman, B.J. (1976), Evaluating autistic children, Journal of Pediatric Psychology, 1, 18-21

Freeman, B.J., Ritvo, E.R., Needleman, R. 7 Yokota, A. (1985), The stability of cognitive and behavioral parameters in autism: A 5-year study, Journal of the American Academy of Child Psychiatry, 24, 290-311

Gallagher, J.J., & Ramey, C.T. (1987), The malleability of children, Baltimore: Paul H. Brookes

Kazdin, A.E. (1993), Replicatin and extension of behavioral treatment of autistic disorder, American Journal on Mental Retardation, 97, 379-380

Klevstrand, M. (1992), Intensive early intervention in Public Preschools and Kindergartens, Paper presented at the 18th Convention of the Association for Behavior Analysis, May 24-28, San Francisco

Labbé, Y., et Marchand, A. (1987), Modification du comportement et retard mental, Brossard: Behaviora

Lovaas, I.O. (1969), Considerations in the development of a behavioral treatment program for psychotic children, Dans D.W. Churchill, G.D. Alpern & M.K. DeMyer, (Eds.) Infantil autism, Charles C. Thomas Publisher, Springfield, U.S.A., p. 125-143

Lovaas, I.O., (1978), Parents as therapist, Dans M. Rutter & E. Schopler (Eds.), Autism: a reappraisal of concepts and treatment, Plenum Press, New York, p. 369-378

Lovaas, I.O., (1987), Behavioral Treatment and normal educational and intellectual functionning in young autistic children, Journal of Consulting and Clinical Psychology, 55, 2-3

Lovaas, I.O., Freitag, G., Gold, V.J. & Kassarla, I.C., (1965), Recording appartus and procedure for observation of behaviors of children in free play settings, Journal of Experimental Child Psychology, 2, 108-120

Lovaas, I.O., Freitas, L., Nelson, K & Whalen, C. (1967), The establishment of imitation and its use for the development of complex behaviors in schizophrenic children, Behavior Researche and Therapy, 5, 171-181

Lovaas, O.I., Koegel, R., Simmons, J.Q., Long, J.S., (1973), Some generalization and follow-up measures on autistic children in gehavior therapy, Journal of Applied Behavior Analysis, 6, 131-166

Lovaas, I.O., Smith, T. (1989), A comprehensive theory of autistic children: paradigm for research and treatment, Journal of Behavioral Therapy and Experiemental Psychiatry, 20, 17-29

Lovaas, I.O., Smith, T. & McEachin, J., (1989), Clarifyeng comments on the Young Autism Study: Reply to Schopler, Short, and Mesibov, Journal of Consulting and Clinical Psychology, 57, 165-167

McEachin, J.J., Smith, T. & Lovaas, I.O., (1993), Long-term outcome for children with autism who received early intensive behavioral interventions, American Journal of Mental Retardation, 97, 359-372

Mesibov, G.B., (1993), Treatment outcome is encouraging, American journal of Mental Retardation, 97, 379-380

Mundy, P., (1993), Normal versus high-functionning status in children with autism, American journal of Mental Retardation, 97, 381-384

Newsom, C., & Rincover, A., (1989), Autism. In e.J. Mash & R.A. Barkley (Eds), Treatment of Childhood Disorders, pp. 286-346, New York: The Guilford Press

Organisation mondiale de la santé, (1993), Classification internationale des maladies, Dixième révision, Chapitre V (F): Troubles mentaux et troubles du comportement, Traduction de C.B. Pull, Masson, Paris

Patterson, B.R., (1982), A Social Learning approach, Vol. 3: Coercicive family process, Catalia Publishing Company

Reynell, J.K. (1987), Reynell developmental language scales, Windsor, England: Nfer-Nelson

Rutter, M. (1985), The treatment of autistic children, Journal of Child Psychology and Psychiatry, 26, 193-214

Schopler, E., Short, A. & Mesibov, G.B., (1989), relationof behavioral treatment to "normal functionning": Comment on Lovaas, Journal of Counsulting and Clinical Psychology, 57, 162-164

Simmeonnson, R.J., Olley, J.G & Rosenthal, S.L., (1987), Early intervention for children with autism, in M.J. Guralnidk & F.C. Bennett (Eds.), The effectiveness of early intervention for at-risk and handicapped children, pp. 275-296, Orlando, FL: Academic Press

Skinner, B.F., (1957), Science and human behavior, The Free Press, Macmillan Publishing Co., Inc. New York

Smith,, T., Eikeseth, S., Lovaas, I.O., (1993), Outcome of intensive early intervention for autistic and autistic-like children with severe mental retardation, Paper presented at the 19th Convention of the Association for Behavior Analysis, May 27-30, Chicago

Smith, T. McEachin, J.J. & Lovaas, I.O., (1993), Comments on replicatin and evaluation of outcome, American Journal of Mental Retardation, 97, 385-391

Sparrow, S., D., & Cicchetti, D., (1984), Vineland Adaptive Behavior Scales, Circle Pines, MN: American Guidance Service, Inc.

Stutsman, R., (1948), Merrill-Palmer scale of mental tests, Los Angeles: Western Psychological Services

Weschler, D., (1989), Weschler Preschool and primary scale of intellignece revised, San Antonio, TX: The psychological Corporation

White, O., Edgar, E., Haring, M.G., Afflick, J., & Hayden, A., (1978), Uniform Performance Assessment system: Birth-6 years level, Seattle, WA: College of Educatin, University of Washington

Wirt, R.D., Lachar, D., Klinedinst, J.K. Seat, P.D. (1977), Multidimensional descriptions of child personnality: A manual for the Personnality Inventory for Children, Los Angeles: Western Psychological Services