Les
premiers pas vers La
découverte de l'autisme En 1943, Leo Kanner,
psychiatre américain, publie un article
décrivant 11 enfants présentant un ensemble de
symptômes particuliers, qu'il regroupe en sept
caractéristiques essentielles: Kanner a attribué la
présence de l'autisme principalement à
l'attitude et à la qualité des contacts des
parents envers leurs enfants. Cependant, il n'a pas exclu la
possibilité que certains éléments
caractériels des parents aient pu passer, de
façon héréditaire, chez les
enfants. Un an plus tard, en 1944, et
de façon totalement indépendante, un
médecin autrichien du nom de Hans Asperger publie une
description d'un groupe de 4 enfants présentant ce
qu'il appelle "une psychopathologie autistique". Un certain
nombre d'éléments du fonctionnement de ces
enfants peut s'apparenter à ceux du groupe de Kanner
(le retrait social, les stéréotypes au niveau
du langage et du mouvement, une résistance aux
changements et un intérêt particulier pour
certains objets ou sujets). Toutefois, deux aspects
diffèrent: tandis que les enfants du groupe de Kanner
avaient un langage très réduit, tous ceux du
groupe d'Asperger s'expriment bien et ils sont, de plus, un
peu maladroits en terme de motricité
globale. Chacun des deux auteurs a
emprunté le terme "autistique" à Eric Bleuler
qui, dans un article en 1908, s'était servi de ce
terme pour parler du retrait social qu'il avait
observé chez un groupe d'adultes
schizophrènes. Cependant, ni Kanner ni Asperger n'ont
associé l'autisme à la schizophrénie
(bien qu'ils le considéraient comme une
psychopathologie): en effet, l'autisme se distinguait, pour
eux, par trois éléments: le problème se
présente en bas âge, le
sévérité du problème semble
diminuer un peu avec l'âge et aucun client n'avait
rapporté d'hallucinations. Après cette
période de découverte, vint une période
d'explication, ou plutôt de tentatives d'explication.
Dans les années 50, Bruno Bettelheim eut beaucoup
d'influence avec une théorie qui expliquait les
caractéristiques des enfants autistiques par la
nature de l'interaction mère/enfant. Il avança
la théorie de la
"mère-réfrigérateur". De son point de
vue, un enfant devient autistique parce qu'il ne peut
supporter son environnement menaçant qui manque
d'amour. Kanner fut tellement influencé
lui-même par cette interprétation
psychogénétique qu'il cessa de
considérer la possibilité d'une composante
héréditaire de l'autisme. Le terme "autisme"
apparaît pour la première fois en 1968, dans la
deuxième édition du manuel de diagnostic et de
classification des troubles mentaux (DSM-II), de
l'association psychiatrique américaine. L'autisme y
est classifié comme la "schizophrénie
infantile" et les termes "psychose symbiotique" et "psychose
infantile" ont été employés comme
synonymes. Cependant, les années
60, sont une période de questionnement sur les causes
de l'autisme. En 1968, également, paraît un
article qui marque le début du changement dans la
façon de concevoir l'autisme et qui va vers ce qui
est accepté de nos jours. Michael Rutter y publie les
résultats d'une analyse exhaustive de la
littérature sur l'autisme et les symptômes qui
y sont associés. Il propose que ces symptômes
soient regroupés en trois grandes
catégories: Rutter a de plus
été le premier à spécifier que
l'apparition de ces symptômes devait se faire avant
l'âge de 3 ans. Au cours des années 70,
l'idée fait, petit à petit, son chemin que
l'autisme n'est plus une seule entité. En 1979, Lorna
Wing propose que l'autisme soit un trouble parmi d'autres,
dont le coeur des problèmes se situe au niveau de
troubles de socialisation, de langage et
d'intérêt/comportement. En 1980, dans la
troisième version du DSM, on voit apparaître le
reflet de ce changement de perception. L'autisme s'appelle
maintenant "l'autisme infantile" et est regroupé,
avec trois autres troubles, dans une nouvelle rubrique
intitulée "troubles envahissants du
développement" (TED). Les TED sont définis
comme un groupe de troubles sévères et
précoces, caractérisés par des retards
et des déformations du développement des
habiletés sociales, cognitives et du
développement de la communication. Le DSM-III-R, publié
en 1987, regroupe les troubles faisant partie des TED, les
faisant passer de quatre à deux: l'autisme et les TED
non spécifiques. Pour la première fois, les
critères utilisés pour poser le diagnostic
sont concrets et opérationnels. Cette classification
représente un consensus surtout américain,
puisque la Classification Internationale des Maladies
élaborée par des experts européens
propose, dans sa dixième édition (CIM-10),
huit sous-catégories pour les TED: Nous pouvons retenir de
cette différence qu'à défaut de
s'entendre sur la classification et l'organisation des
sous-catégories, les deux systèmes de
classification tombent d'accord sur la notion des TED. Cette
notion est l'aboutissement d'un processus
d'évaluation de l'ensemble des symptômes
présentés non seulement par des gens ayant la
symptomatologie de l'autisme, mais également des gens
présentant une symptomatologie semblable. Le
résultat est l'identification de d'autres troubles
regroupés dans la même grande
catégorie. Deux
conceptions différentes: l'européenne et
l'américaine Il est utile de noter que le
point de vue américain diverge de l'européen
quant aux critères de classification utilisés
pour établir un diagnostic, avec un impact sur
l'intervention subséquente. La communauté
médicale française a sa propre classification
des maladies mentales (qui situe l'autisme dans la
catégorie générale des psychoses
infantiles (CCNE, 1996)) et n'utilise pas les
classifications diagnostiques internationales reconnues par
la communauté scientifique comme validées et
fiables. Il n'y a pas de concordance
entre les descripteurs principaux des différentes
classifications. La majorité des psychiatres
français privilégie l'hypothèse de
l'origine psychogénétique et dirige ainsi les
enfants vers le secteur psychiatrique avec une prise en
charge d'inspiration psychanalytique. Au Québec, nous
suivons au contraire le modèle
américain. Bien que le diagnostic doit
être posé par un psychiatre, l'hypothèse
de l'origine organique des troubles du développement
y est plus largement acceptée et les enfants tendent
plutôt à bénéficier d'une
éducation spécialisée spécifique
à leurs caractéristiques en leur permettant de
s'épanouir au maximum de leur
personnalité.
la connaissance de l'autismeLa
découverte de
l'autisme
Différentes
explications
Apparition
du terme TED
- des obsessions pour des routines;
- une mémoire extraordinaire;
- l'écholalie;
- la sensibilité aux stimuli;
- une gamme d'intérêts
limitée;
- une intelligence normale.
- des perturbations de communication plutôt au
niveau qualitatif que quantitatif;
- un manque d'imagination manifesté par des
intérêts très limités ou
des comportements rituels.
En 1994, le DSM-IV positionne l'autisme comme un trouble
parmi quatre autres de la catégorie TED. Aujourd'hui,
font partie des TED: - l'autisme;
- les troubles désintégratifs de
l'enfance (syndrome de Heller), aussi appelés
démence infantile ou psychose
désintégrative;
- le syndrome d'Asperger;
- les troubles envahissants du développement
non spécifiques.
- l'autisme atypique;
- le syndrome de Rett;
- le syndrome d'Asperger;
- les troubles désintégratifs de
l'enfance;
- les troubles d'hyperkinésie associés
à la déficience intellectuelle et des
mouvements stéréotypiques;
- les autres troubles envahissants du
développement;
- les troubles envahissants du développement
non spécifiques.
Extrait de
*Paradis, Suzanne. (1997). Revue de littérature
sur l'autisme. Granby: Les Centres Butters-Savoy et
Horizon