Le Quotidien
Nouvelles générales Samedi 3 novembre 2001, p.10

Enfants autistes dans la région
Une déficience sévère des services s'accroît
Côté, Daniel

Le Québec tire de la patte à l'échelle nord-américaine et à l'intérieur de la province, le Saguenay-Lac-Saint-Jean fait figure de parent pauvre en ce qui regarde les services offerts aux enfants autistes et ceux qui souffrent de troubles envahissants du développement, soutiennent les membres de la section régionale de la Société de l'Autisme.

La situation est si désastreuse que la Société a exercé un recours collectif contre le gouvernement au nom de 99 familles, dont deux du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Elle réclame des services intensifs à l'intention des enfants de cinq ans et moins, soit un programme semblable à ceux qui ont été initiés en Colombie-Britannique, en Ontario et dans plusieurs Etats américains.

Alors qu'ici, les jeunes ne progressent guère, les approches béhaviorales favorisées ailleurs sur le continent permettent à 35% des personnes traitées d'accéder à l'école. Les participants sont suivis pendant trois ans, à raison de 40 heures par semaine, et même si la facture oscille entre 40 000 $ et 60 000 $ par année pour chacun d'entre eux, tout le monde y trouve son compte.

"Plusieurs des jeunes autistes peuvent fréquenter l'école régulière, au lieu de se retrouver dans des classes spéciales. Comme ils deviennent aussi plus autonomes à long terme, l'investissement est largement compensé", a souligné la Jonquiéroise Linda Gaudreault, hier, à l'occasion d'une rencontre de presse tenue à Chicoutimi.

Retard important

Au lieu de bénéficier des méthodes les plus performantes, les autistes du Québec attendent que le gouvernement passe de la parole aux actes, lui qui a reconnu la pertinence des programmes d'intervention précoce intensive dès 1996, en plus d'admettre que les services offerts par le réseau public de la santé étaient insuffisants.

"Le recours collectif a été intenté parce que les démarches effectuées auprès des autorités n'ont rien donné. Nous utilisons ce moyen pour obtenir un meilleur rapport de forces", explique Linda Gaudreault, qui précise qu'en Colombie-Britannique, où les parents ont posé un tel geste, le gouvernement vient de dégager un budget de 20 millions $ par année.

Même une rencontre avec le premier ministre Bernard Landry, en octobre dernier, n'a pas permis d'obtenir de changements significatifs. "Il a paru surpris quand on lui a décrit la situation, mais dans les faits, rien ne s'est concrétisé", mentionne la porte-parole de la Société de l'Autisme au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Seulement dans la région, 120 personnes seraient atteintes du syndrome. Plusieurs d'entre elles sont traitées à l'Institut Roland-Saucier de Chicoutimi, mais tant les ressources mises à leur disposition que l'attitude de la Régie régionale de la Santé et des Services sociaux, incitent la Société de l'Autisme à lui faire porter le bonnet d'âne.

"Le Saguenay-Lac-Saint-Jean constitue un cas exceptionnel, puisque c'est l'une des deux régions où les services offerts aux autistes proviennent du secteur de la santé mentale, plutôt que de la déficience intellectuelle où l'approche est différente, où c'est mieux structuré. Le transfert formel a été fait, mais aucune ressource n'a été dégagée", dénonce Linda Gaudreault.

PARENTS ET ENFANTS SUBISSENT LA SITUATION

L'absence de services adéquats sur le territoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean est ressentie d'autant plus cruellement, tant par les jeunes autistes que leurs parents, que ce syndrome impose à tous un lourd tribut.

"Après le diagnostic, on a les bras coupés. On ne veut pas le croire, ni voir d'autres personnes aux prises avec cette réalité. C'est une grosse bouchée à avaler", confie Martine Simard, présidente de la section régionale de la Société de l'Autisme.

Mère d'un adolescent atteint d'autisme, cette Jonquiéroise a mis du temps à accepter le fait qu'il devrait composer avec ce lourd handicap. Un jour, cependant, elle s'est sentie prête à joindre les rangs de la Société, à l'image d'un nombre croissant de parents.

"Nos effectifs ont doublé en cinq ans, passant de 30 à 60 membres. Il y a encore des gens qui ne sont pas membres, même s'ils ont des enfants autistes, et nous les invitons à nous voir parce que notre gamme de services s'est élargie", signale Martine Simard.

Nouveau local

En plus des services disponibles depuis belle lurette, dont les camps d'été et d'hiver, la présence d'une éducatrice en garderie, ainsi que les activités de loisirs organisées en fin de semaine, la Société de l'Autisme s'apprête à introduire quelques nouveautés.

Elle qui vient d'emménager à La Maisonnée d'Evelyne, située sur le boulevard Talbot, à Chicoutimi, proposera notamment des ateliers de jour destinés aux autistes de 21 ans et plus. Pendant un an, ceux-ci seront financés par Québec, à hauteur de 137 000 $.

Quant aux autistes qui vont toujours à l'école, ils pourront bientôt participer à des ateliers ayant pour objectif d'accroître leur autonomie. "Une fois par semaine, ils apprendront à faire la cuisine et le ménage", décrit Martine Simard.

On estime qu'entre 150 et 200 enfants atteints d'autisme ou de troubles envahissants du développement naissent tous les ans au Québec. Le syndrome touche quatre fois plus souvent les garçons que les filles.


Le Droit
La Région Vendredi 2 novembre 2001, p.11

Outaouais: les familles d'enfants autistes pourraient avoir gain de cause
Laurin, Renée

L'espoir renaît pour la centaine de familles de l'Outaouais ayant des enfants autistes ou présentant un trouble envahissant de développement (T.E.D.).

Après des années de luttes infructueuses pour l'obtention de services gratuits, adaptés aux besoins de leurs enfants, ces familles pourraient enfin obtenir gain de cause.

De fait, les représentants de 99 familles, issues de différentes régions du Québec, ont déposé mercredi une requête pour autorisation d'exercer un recours collectif contre le gouvernement du Québec afin qu'il rende disponible aux enfants atteints d'autisme ou présentant un T.E.D des programmes d'intervention précoce intensive.

Le recours vise également à indemniser les familles qui n'ont pu bénéficier de ce type de services depuis 1996, année où le gouvernement a reconnu, dans un document officiel, le caractère essentiel des programmes d'intervention précoce intensive et leurs effets bénéfiques sur le développement des jeunes enfants autistes ou présentant un T.E.D.

L'indemnité réclamée s'élève à 50 000 $ par enfant plus 15 000 $ en dommages et intérêts.

"Plus l'intervention appropriée est précoce et intensive, meilleures sont les chances de ces enfants de développer une autonomie, a rappelé hier Pierre Beaudin, père d'un enfant autiste de la région de l'Outaouais. Des études américaines ont clairement démontré qu'une intervention initiée avant l'âge de 4 ans permettait d'assurer un développement et un fonctionnement social normal pour 50 % des enfants autistes. Pour les autres, plus gravement atteints, le handicap serait réduit de façon substantielle", a-t-il ajouté

Dans son cas à lui, la cause est déjà perdue d'avance. Son fils de 9 ans, autiste, a été diagnostiqué trop tard. Difficultés à communiquer, problèmes de socialisation et d'intégration sociale, les symptômes étaient pourtant là, mais l'évidence, dans son cas, ne sautait pas aux yeux. L'avenir de son fils reste nébuleux.

Quoi qu'il en soit, les services n'auraient pas été là pour lui. "Si on compare avec ce qui se fait à Ottawa, la situation en Outaouais est catastrophique", note Jean-Marie Berthelot, père d'un enfant autiste lui aussi. De fait, pendant que la province voisine offrait un programme de stimulation précoce intensive à la grandeur de la province, son épouse a dû abandonner son travail en informatique pendant un an et demi afin d'apprendre à leur fils de trois ans les rudiments du langage.

"Syllabe par syllabe elle a réussi à faire des miracles, mais au détriment de sa propre santé", a confié M. Berthelot.


Le Devoir
Les Actualités Jeudi 1 novembre 2001, A3

Des parents d'autistes poursuivent Québec
Paré, Isabelle

Près d'une centaine de parents d'enfants atteints d'autisme ont déposé hier une requête en cour pour obtenir l'autorisation d'intenter un recours collectif de plus de 15 millions de dollars contre le gouvernement du Québec.

Ces parents, qui luttent afin d'obtenir des services adéquats pour leurs enfants, ont franchi hier une nouvelle étape dans la croisade judiciaire entreprise le 15 novembre 2000 pour faire reconnaître les droits des enfants souffrant de troubles envahissants du développement (TED).

Après avoir obtenu le soutien du Fonds québécois d'aide au recours collectif le printemps dernier, ces parents espèrent maintenant obtenir le feu vert des tribunaux pour amorcer leur vraie bataille judiciaire contre le gouvernement.

Dans leur requête, ces parents entendent alléguer que les programmes d'intervention précoce auprès des enfants autistes sont des services de santé essentiels que le réseau de santé québécois est pourtant incapable d'offrir aux familles qui les réclament. Faute de services accessibles, les parents d'enfants atteints de TED n'ont d'autre choix que de se tourner vers les services privés pour obtenir, à grands frais, des soins adéquats pour leurs enfants.

À l'instar d'autres recours intentés par des parents en Colombie-Britannique et en Ontario, les parties à ce recours collectif québécois espèrent que la cour obligera le gouvernement à rendre disponibles gratuitement des programmes d'intervention intensive et précoce, basés sur les approches béhaviorales appliquées (ABA), largement utilisées aux États-Unis. Ces approches, appliquées en bas âge, permettraient des avancées substantielles chez les enfants atteints de TED.

Les parents entendent aussi prouver la négligence du gouvernement et réclamer plus de 15 millions pour les frais encourus par les familles qui n'ont pas pu obtenir de services gratuits dans le réseau public. On estime que les frais pour obtenir des soins spécialisés dans le secteur privé peuvent s'élever à 50 000 $ par année.

La Cour de la Colombie-Britannique vient d'ailleurs de donner raison aux parents d'enfants souffrant d'autisme en reconnaissant que les programmes d'intervention précoce sont une nécessité. D'autres poursuites, intentées en Ontario et en Alberta, ont aussi donné lieu à des percées importantes pour les droits et l'amélioration des services pour les enfants atteints de TED.


Le Soleil
Le Québec et le Canada Jeudi 1 novembre 2001 A11

Les parents d'enfants autistes demandent un recours collectif contre le Québec
Lévesque, Lia
PC
Montréal

Un groupe d'une centaine de parents d'enfants autistes vient de déposer une requête pour obtenir l'autorisation d'exercer un recours collectif contre le gouvernement du Québec, estimant les services publics dans ce domaine insuffisants.

Le groupe est constitué, pour le moment, de 99 parents ayant 104 enfants autistes. Mais " on prévoit ultimement avoir plusieurs centaines de parents avec nous ", confiait en conférence de presse l'avocat des parents, Me Jean-Pierre Ménard.

La requête vise deux conclusions : que le gouvernement instaure des programmes d'intervention précoce et intensive pour ces enfants, et qu'il dédommage les parents qui ont dû payer de leur poche pour obtenir des services similaires dans le secteur privé. La requête exige 50 000 $ par réclamant et 15 000 $ en dommages exemplaires.

Me Ménard évalue le recours, globalement, à " quelques dizaines de millions de dollars ".

Il avoue cependant que " c'est un recours qui s'annonce difficile ; il ne faut pas se le cacher ". Il explique cette impression de difficulté par le fait que " les tribunaux ont une certaine réserve à se mêler de l'allocation des ressources " par le gouvernement, comme si, selon eux, il s'agissait d'abord d'une décision politique. Mais il assure que son groupe ne demande pas au tribunal de dire au gouvernement comment dépenser son argent.

Me Ménard explique qu'il fonde son argumentation sur le fait que le gouvernement a reconnu, en 1996, dans un document, que les programmes d'intervention précoce pour les enfants autistes étaient efficaces, mais insuffisants, dans le réseau public.

Encore en 2001, ces services sont rares, voire inexistants, au dire du groupe de parents. Les parents admettent qu'il existe des services et que le gouvernement y investit des ressources, mais ces services seraient mal organisés et mal coordonnés. Ils reprochent donc au gouvernement sa " négligence ".

Au plan juridique, le recours s'appuie sur les Chartes canadienne et québécoise des droits, de même que sur la Loi sur les services de santé et les services sociaux, en plus du Code civil du Québec.

Le groupe affirme avoir tout tenté avant d'en venir à ce recours. Du lobbying a été fait, de la sensibilisation, même une rencontre, récemment, avec le premier ministre Bernard Landry. Mais les parents sont las d'attendre.

L'autisme est un handicap qui altère le développement normal de la communication et du comportement social. Il se manifeste durant les trois premières années de la vie. L'autisme touche quatre fois plus souvent des garçons.


La Tribune
Général Jeudi 1 novembre 2001 B6
En bref

Autisme vs l'État
PC
Montreal

Un groupe d'une centaine de parents d'enfants autistes vient de déposer une requête pour obtenir l'autorisation d'exercer un recours collectif contre le gouvernement du Québec, estimant les services publics dans ce domaine insuffisants.

Le groupe est constitué, pour le moment, de 99 parents ayant 104 enfants autistes. Mais "on prévoit ultimement avoir plusieurs centaines de parents avec nous", confiait en conférence de presse l'avocat des parents, Me Jean-Pierre Ménard.

La requête vise deux conclusions: que le gouvernement instaure des programmes d'intervention précoce et intensive pour ces enfants et qu'il dédommage les parents qui ont dû payer de leur poche pour obtenir des services similaires dans le secteur privé. La requête exige 50 000 $ par réclamant et 15 000 $ en dommages exemplaires.

Me Ménard évalue le recours, globalement, à "quelques dizaines de millions de dollars".


Info07.com
Lundi 13 novembre 2000

Manque de service, notamment en Outaouais
Recours collectif pour les familles de jeunes autistes
Yannick Boursier

Une demande d'autorisation pour un recours collectif contre le gouvernement québécois a été déposée devant les tribunaux pour réussir à obtenir des services adéquats pour les enfants atteints d'autisme et de trouble envahissant du développement (TED).

Le recours se base sur le fait que le gouvernement sait depuis 1996 que les services en stimulation précoce sont garants du développement des enfants autistes ou présentant des TED.

Cependant, la province est la seule au Canada, avec le Nouveau-Brunswick, à ne pas offrir ce service aux familles. "Nous voulons que le gouvernement assume ses responsabilités et offre un programme de stimulation, a indiqué Pierre Beaudin, membre du recours collectif. Le gouvernement ne respecte pas les droits des autistes et des TED à recevoir des services."

Ce recours s'adresserait aux jeunes soufrant de tout trouble TED, incluant l'autisme, âgés entre 0 et 5 ans à partir de octobre 1996 jusqu'à ce jour.

En Outaouais, Autisme et troupe envahissant du développement Outaouais (ATOUT) donne son appui au recours collectif. Ce dernier pourrait toucher entre 50 et 60 jeunes. "Les droits des enfants autistes ont été bafoués depuis trop longtemps", a expliqué le président d'ATOUT, Jean-Marie Berthelot.

Pas de service

Dans la région, les enfants souffrant de ces troubles ne peuvent obtenir de service de stimulation intensive précoce. Les parents qui veulent suivre un de ces programmes doivent faire appel à un spécialiste de Montréal et payer de leur poche. Un programme coûte environ 40 à 50 milles dollars par année et dure habituellement trois ans. "Qui a les moyens de payer de ses poches pour ce traitement essentiel ?", a demandé le président d'ATOUT.

Ce qui est plus grave pour ce dernier, c'est que juste de l'autre côté de la rivière, en Ontario, le gouvernement injecte 39 millions de dollars pour la stimulation intensive précoce seulement. "Même les services au francophone en Ontario sont supérieurs au service aux francophones au Québec", a souligné Jean-Marie Berthelot.

"Notre premier objectif est de s'assurer que, le plus vite possible, tous les parents aient accès au service de stimulation intensive précoce pour ne qu'ils aient à vivre ce que les plus vieux ont eu à vivre", a-t-il ajouté.

Par ailleurs, ce dernier a souligné qu'il n'était peut-être pas essentiel pour le gouvernement d'injecter de nouveaux fonds pour offrir ce service. "Ça serait probablement faisable d'offrir ses services sans nouveaux budgets, a-t-il affirmé. Une relocalisation des ressources serait peut-être suffisante."


La Presse Canadienne
Mercredi 31 octobre 2001

Un recours collectif est déposé contre l'Etat à propos des enfants autistes
Lia Levesque
PC
Montréal

Un groupe d'une centaine de parents d'enfants autistes vient de déposer une requête pour obtenir l'autorisation d'exercer un recours collectif contre le gouvernement du Québec, estimant les services publics dans ce domaine insuffisants.

Le groupe est constitué, pour le moment, de 99 parents ayant 104 enfants autistes. Mais "on prévoit ultimement avoir plusieurs centaines de parents avec nous", confiait en conférence de presse l'avocat des parents, Me Jean-Pierre Ménard.

La requête vise deux conclusions: que le gouvernement instaure des programmes d'intervention précoce et intensive pour ces enfants et qu'il dédommage les parents qui ont dû payer de leur poche pour obtenir des services similaires dans le secteur privé. La requête exige 50 000 $ par réclamant et 15 000 $ en dommages exemplaires.

Me Ménard évalue le recours, globalement, à "quelques dizaines de millions de dollars".

Il avoue cependant que "c'est un recours qui s'annonce difficile; il ne faut pas se le cacher". Il explique cette impression de difficulté par le fait que "les tribunaux ont une certaine réserve à se mêler de l'allocation des ressources" par le gouvernement, comme si, selon eux, il s'agissait d'abord d'une décision politique. Mais il assure que son groupe ne demande pas au tribunal de dire au gouvernement comment dépenser son argent.

Me Ménard explique qu'il fonde son argumentation sur le fait que le gouvernement a reconnu, en 1996, dans un document, que les programmes d'intervention précoce pour les enfants autistes étaient efficaces, mais insuffisants, dans le réseau public.

Encore en 2001, ces services sont rares, voire inexistants, aux dires du groupe de parents. Les parents admettent qu'il existe des services et que le gouvernement y investit des ressources, mais ces services seraient mal organisés et mal coordonnés. Ils reprochent donc au gouvernement sa "négligence".

Au plan juridique, le recours s'appuie sur les Chartes canadienne et québécoise des droits, de même que la Loi sur les services de santé et les services sociaux, en plus du Code civil du Québec.

Le groupe affirme avoir tout tenté avant d'en venir à ce recours collectif. Du lobbying a été fait, de la sensibilisation, même une rencontre, récemment, avec le premier ministre Bernard Landry. Mais les parents sont las d'attendre.

L'autisme est un handicap qui altère le développement normal de la communication et du comportement social. Il se manifeste durant les trois premières années de la vie. L'autisme touche quatre fois plus souvent des garçons.

 


The Gazette (Montreal)
News Thursday, November 1, 2001 A3

On behalf of the children: Class-action against Quebec demands therapy boost to aid development
Irwin Block

When Marc-Antoine Lussier was 2, he was unable to talk. He would shake objects in front of his eyes and flap his arms like a bird.

His parents, Pincourt accountant Carole Ladouceur and Martin Lussier, a software engineer, were shocked when the child wouldn't stop crying at his birthday party until he was alone in his room. He never touched his cake or opened a single gift.

Something was terribly wrong, but it took a year and a half to get an official hospital diagnosis: he was autistic. Specialists said the boy needed intensive therapy as soon as possible, as much as 40 hours a week of applied behavioural analysis to nurture cognitive skills. But all the regional health board could offer was an hour a week. The family decided to act on its own, much like 98 others in Quebec who yesterday also launched a class-action suit demanding better services from Quebec and compensation for all the money they have had to spend.

The Lussier family has been getting private help for about a year and a half - at an estimated cost of $35,000 - for daily visits from an educational therapist. The program is supervised by a private psychologist.

Today, Marc-Antoine is 5 and his mother can't believe the progress he's made. "It's changed our lives - and his," his mother beamed.

Surrounded by cameras and a clutch of journalists yesterday, the smiling, friendly child listened to a five-sentence story recited by therapist Isabelle Goyette, then answered simple questions about the owl sitting on the branch and hooted to mimic it.

"He's in a regular kindergarten now and every afternoon he works at home with an educational therapist," his mother said.

Yesterday, the families held a press conference at their lawyer's office to announce that after almost a year of research, they were seeking leave in Quebec Superior court to sue Quebec, the rehabilitation services in their area and the Monteregie regional health board.

The suit is on behalf of 104 children with developmental problems and autism. It holds Quebec and its health agencies responsible for not providing adequate services, which it claims discriminates against the children by violating principles enshrined in the Quebec and Canadian charters of rights.

They are demanding $50,000 each in damages as well as full reimbursement of amounts spent for care, and $15,000 each in exemplary damages because fundamental rights were denied.

The suit also asks the court to order Quebec and its agencies to put in place programs for early stimulation of developmentally delayed and autistic children under age 6 to ensure maximum development and train qualified personnel to offer appropriate therapy.

Parents say Quebec is far behind other provinces in providing this type of therapy, which is a good investment since it paves the way for autonomy for many.

Not intervening means an autistic child needs full support - at $65,000 a year - for life, they point out.

Last year, Quebec allocated $5 million for therapy for children with speech disorders and those with autism. This spring, Pauline Marois, acting as health minister, allocated an addition $8 million for centres for the intellectually handicapped and urged them to put an emphasis on autism.

But not all have done so, said Peter Zwack, vice-president of the Canadian Society for Autism.