La Presse Canadienne
Actualités nationales
jeudi 23 mai 2002
Le manque d'aide pour les enfants autistes coûte très cher aux contribuables
Perkel, Colin
TORONTO (PC) - L'absence de financement d'une thérapie efficace pour les enfants autistes
coûte des milliards de dollars à l'économie et impose des souffrances inutiles aux parents,
conclut une étude rendue publique mardi.
Une thérapie comportementale intensive appelée ABA s'est avérée la meilleure façon de
traiter l'autisme, et les gouvernements devraient s'assurer que les enfants affectés peuvent
en bénéficier, indique l'étude.
Ainsi, "si ce gouvernement ne parvient pas à financer adéquatement ABA, un traitement médical
essentiel, il condamnera presque certainement des dizaines de milliers d'enfants autistes de
cette province (l'Ontario) à une vie lourdement handicapée", a déclaré le Dr Ari Zaretsky,
psychiatre de Toronto. Selon le médecin, il n'y a pas de guérison possible.
Au Canada, environ 105 000 personnes semblent correspondre au profil de l'autiste. Seulement
en Ontario, le financement du ABA pour tous les enfants autistes coûterait environ 2,8 milliards
$ pour la durée de leur vie, conclut l'étude réalisée par les universités de Toronto et du Québec.
Sans la thérapie, les soins donnés aux enfants autistes grimperaient à 11,2 milliards $, compte
tenu du soutien additionnel et des besoins en institution prévus pour ceux qui n'ont pas droit
au ABA - le comportement autiste a tendance à se détériorer en vieillissant.
L'Ile-du-Prince-Edouard et l'Alberta financent le traitement de tous les enfants souffrant
d'autisme, au coût d'environ 55 000 $ par année par enfant, mais les autres provinces ne le
font pas.
Chez les très jeunes enfants, une thérapie comportementale d'environ 40 heures par semaine
peut parfois être exigée pendant six ans. Elle consiste à faire appel à des parties non
affectées du cerveau pour qu'elles prennent le relais des parties endommagées.
La chercheure Marianne Ofner, qui a participé à l'étude, est professeure de sciences
de la santé publique à l'Université de Toronto. Elle dit que le médecin lui a conseillé
une thérapie comportementale "urgente" pour sa fille autiste de deux ans et demi. Elle
y consacre tout son salaire - 3000 $ par semaine - pour procurer un traitement à temps
partiel à son enfant.
Les résultats sont remarquables, dit-elle. "Plutôt que de pousser des grognements comme
elle le faisait auparavant, elle a appris à dire: 'Viens, maman' en deux mois à peine."
Mme Offner précise que la petite a cessé de mordre et de se frapper la tête. "Imaginez
si elle bénéficiait de ce traitement pendant deux ans."